À Wavre, des élèves de l’Athénée royal ont rencontré Regina Sluszny, enfant juive cachée durant la Seconde Guerre mondiale. Un témoignage rare sur la Shoah, la mémoire et la transmission aux jeunes générations.
Le 2 février dernier, les élèves de 5e et 6e secondaire en immersion en anglais de l’Athénée royal Rixensart-Wavre ont vécu un moment rare et profondément marquant. Ils ont accueilli Regina Sluszny, enfant juive cachée en Belgique durant la Seconde Guerre mondiale, venue partager son histoire et transmettre une mémoire devenue essentielle.
Née dans une famille juive polonaise, Regina Sluszny n’a que deux ans et demi lorsque les rafles débutent en Belgique, en 1942. Pour survivre, elle est séparée de ses parents et confiée à un couple belge qui la cache et l’élève comme leur propre enfant. Elle les appelera ses "parents de guerre". Une enfance sauvée, mais profondément marquée par la guerre et l’exil. Après la Libération, le retour auprès de sa famille biologique sera une nouvelle épreuve, tant les repères ont été bouleversés.
Face aux élèves, Regina Sluszny raconte avec pudeur et précision ce que la guerre a fait à une enfant : la peur, la faim, l’incompréhension, mais aussi la solidarité et l’humanité de celles et ceux qui ont risqué leur vie pour en sauver d’autres. Un témoignage direct, incarné, qui donne chair à l’Histoire et dépasse largement les manuels scolaires.
Cette rencontre s’inscrit dans un travail de mémoire mené depuis plusieurs mois en classe. Pour la professeure d’histoire, inviter une témoin de la Shoah est une manière de rendre l’Histoire plus concrète et de sensibiliser les élèves aux mécanismes de discrimination, de déshumanisation et aux dangers qu’ils représentent encore aujourd’hui.
Du côté des élèves, l’émotion est palpable. Beaucoup évoquent un témoignage « bouleversant », qui change leur regard sur la Seconde Guerre mondiale et sur les responsabilités des générations actuelles. Entendre l’Histoire racontée par celle qui l’a vécue rend la mémoire plus vivante, plus humaine, mais aussi plus urgente à transmettre.
À 84 ans, Regina Sluszny continue de parcourir les écoles pour témoigner. À l’heure où les derniers survivants de la Shoah disparaissent peu à peu, son message résonne avec force : il appartient désormais aux jeunes générations de devenir, à leur tour, des passeurs de mémoire, afin que de telles atrocités ne se reproduisent jamais.
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