Dans le zoning de Saintes, un rassemblement de la CSC s'est tenu devant l'entreprise FIB dont le patron n'est autre que le président de la FEB. Ces travailleurs ont voulu faire entendre leur mécontentement face aux mesures du gouvernement Arizona.
"Ils divisent, nous unissons."
Le slogan est clair et résume la situation. Nous sommes dans le zoning de Saintes, là où se trouve la société FIB (pour Four Industriel Belge), une société dirigée par René Branders, qui est aussi le président de la Fédération des Entreprises Belges. Un patron des patrons qui a reçu la visite des syndicats, dont la CSC. Une rencontre qui se voulait constructive. "Il a écouté nos arguments et en même temps, il était surpris", nous raconte Christian Guldentops, permanent Interprofessionnel à la CSC Brabant wallon. "En fait, nous lui avons remis un dossier avec plus de 100 mesures prises par le gouvernement Arizona que nous contestons."
Tous en vert et tous... envers et contre toutes les mesures d'austérités prises par le gouvernement Arizona, tel aurait pu être l'autre slogan de l'action de ce jeudi matin, une action intersectorielle. Isabelle Jacobs travaille dans un hôpital. Les travailleurs du secteur des soins de santé sont plus que jamais les victimes de ces mesures. "Je pense surtout aux femmes qui sont particulièrement visées par ces mesures", nous dit-elle. "Ce sont les femmes qui prennent des temps partiels. Parfois, ils sont imposés. Elles n'ont pas trop le choix parce qu'il faut s'occuper de la famille. Pour elles, il est compliqué de trouver un équilibre entre travail et vie de famille."
Même son de cloche du côté de l'enseignement, un secteur touché par les mesures du gouvernement fédéral mais aussi par celles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, comme l'augmentation du minerval. Elise Olmos est enseignante. Elle s'inquiète pour ses élèves. "Avant, on disait aux élèves que q'ils travaillaient bien à l'école, ils allaient avoir un bon travail. Aujourd"hui, ils se rendent bien compte que ce n'est pas vrai et qu'on nous ment", avance-t-elle.
Les jeunes mobilisés
Justement, en parlant des jeunes, Nicolas Moens le confirme, leur avenir n'est ni rose ni vert. "Moi j'ai commencé à m'intéresser à la politique avec les questions liées au climat", nous dit-il. "Je suis sidéré de voir que maintenant, on n'en parle plus du tout comme si le problème était réglé. Le gouvernement fédéral désinvestit dans les secteurs qui intéressent les jeunes comme la culture et l'associatif mais il investit massivement dans l'Armée. Donc le message d'avenir pour les jeunes reste celui-ci : nous devons nous engager dans l'Armée !"
Comme tous les autres, les travailleurs des grandes entreprises ont peur. Leur retraite s'éloigne de plus en plus. Quant à leur quotidien, il se détériore. Fransesco Galione est délégué syndical chez GSK, un géant du secteur pharmaceutique : "GSK opère de petites coupes dans le personnel ici et là. Mais au bout du compte, nous avons déjà perdu plus de 400 personnes. Cette société reçoit des subsides de l'État qui devrait lui permettre d'engager et d'investir. Rien n'est fait."
Une manifestation nationale prévue le 12 mars
Cette mobilisation s'inscrit en fait dans le cadre de trois journées d'action tournantes avant la grande manifestation nationale du 12 mars prochain. "Il est primordial d'y aller par étape, par épisode", nous explique Frédéric Pasteleurs, délégué CSC pour Twin Disc International à Nivelles. "Chez nous, ce matin, nous avons organisé une séance d'information pour bien expliquer comment les mesures du gouvernement vont toucher tout le monde. Il est important que les travailleurs comprennent pourquoi ces journées d'action sont organisées avant la manifestation du 12 mars."
Sur le même sujet
Recommandations
Des trains ponctuels grâce à une société du Brabant wallon
L'IAD désigne son nouveau directeur : Talheh Daryanavard prendra ses fonctions le 1er avril
Grève de cinq jours : des perturbations importantes prévues sur les réseaux TEC et SNCB
Leonidas produit déjà une partie de ses pralines dans son usine à Nivelles
Après-midi solidaire dans une salle d'arcade pour des jeunes issus de centres d'accueil
Villers-la-Ville : Quand les maladies invisibles s'exposent !
Nivelles : la zone de police réagit face aux combats de rue organisés