La réforme du tronc commun entrera en vigueur dans le secondaire inférieur dès la rentrée prochaine. À Louvain-la-Neuve, directions et enseignants expriment leurs inquiétudes face à un manque de réponses concrètes.
La réforme du tronc commun franchira une nouvelle étape dès la rentrée prochaine dans le secondaire inférieur. Pensée comme un pilier du Pacte pour un Enseignement d’excellence, elle vise à offrir à tous les élèves un parcours d’apprentissage commun et renforcé, de la maternelle à la 3e secondaire, afin de réduire les inégalités et de mieux préparer les citoyens de demain. Mais à quelques mois de sa mise en œuvre, le malaise grandit dans les écoles.
Une visite attendue
C’est dans ce contexte que Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, s’est rendue la semaine dernière au lycée Martin V, à Louvain-la-Neuve. Une visite attendue par les équipes éducatives, confrontées à de nombreux changements organisationnels et encore en quête de réponses concrètes pour préparer la rentrée.
À l’issue de la rencontre, le sentiment est pourtant mitigé. Si la ministre a pris le temps d’écouter les directions et les enseignants, beaucoup repartent avec l’impression de ne pas avoir été réellement entendus. Les difficultés liées aux derniers ajustements de la réforme, communiqués seulement à l’automne, n’ont pas trouvé de réponses claires. Or, pour les écoles, ces modifications tardives compliquent fortement la préparation de l’année scolaire à venir.
De nombreuses questions restent sans réponses
Parmi les principales inquiétudes figure la question de l’emploi. La réorganisation des grilles horaires impose aux établissements de revoir leur dotation en personnel, sans savoir précisément quels profils pourront être engagés pour assurer les nouveaux cours. Une incertitude d’autant plus forte que le numérique devient l’un des axes centraux du tronc commun. Si cette évolution est saluée sur le fond, sa mise en pratique pose problème : les enseignants formés manquent et les formations obligatoires annoncées ne sont pas encore organisées.
Cette situation crée un climat d’insécurité, particulièrement pour les enseignants non nommés, souvent jeunes. L’augmentation du temps de travail de deux heures et la réorganisation des cours pourraient entraîner la suppression de certaines places. Nicolas, un jeune professeur confie ainsi ses doutes quant à son avenir dans la profession, elle qui avait entamé ses études avec enthousiasme avant de se heurter à la succession de réformes et à leurs effets concrets sur le terrain.
Malgré ces incertitudes, les équipes éducatives continuent d’avancer, avec un objectif clair : préserver la qualité de l’enseignement et le bien-être des élèves. La direction soutient pleinement les professeurs, conscients de la pression qu’ils subissent. Un engagement que ressentent également les élèves, qui soulignent le professionnalisme et l’écoute de leurs enseignants, malgré un climat parfois pesant.
Si le tronc commun porte une ambition forte, celle de donner à chaque élève les mêmes chances de réussite, sa mise en œuvre suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations. À quelques mois de la rentrée, les écoles attendent désormais des réponses rapides et concrètes pour pouvoir transformer les intentions politiques en réalité pédagogique.
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