Des élèves de sixième secondaire du CEPES à Jodoigne ont vécu une journée sous le signe de l'histoire. Direction le Fort de Breendonk et la Caserne Dossin, deux lieux emblématiques de la Seconde Guerre mondiale en Belgique.
Une immersion forte dans la réalité du régime nazi, entre devoir de mémoire et leçon de citoyenneté.
Breendonk : l’univers concentrationnaire dès 1940
Première étape : le Fort de Breendonk. En août 1940, l’occupant nazi transforme cette ancienne installation militaire en camp de détention sous régime concentrationnaire. Même s’il est officiellement considéré comme un camp de transit, Breendonk en a toutes les caractéristiques : conditions de vie inhumaines, tortures, exécutions, travail forcé. On y enferme des prisonniers de toutes catégories : résistants politiques, détenus de droit commun, Juifs, Roms, homosexuels, Témoins de Jéhovah… Tous ceux qui ne correspondent pas à l’idéologie du régime nazi. Dans ces murs froids, humides et austères, les détenus restent quelques semaines ou quelques mois avant d’être transférés vers d’autres camps, en Allemagne ou en Pologne. Pour Erine, élève de rhéto, la visite a été marquante : "On sent l’atmosphère… Elle est lourde, même si le bâtiment est vide. C’est troublant de se dire que tout ça s’est réellement passé ici." Même ressenti pour Ilhan : "On en entend parler à l’école, mais quand on le voit en vrai, il se passe quelque chose à l’intérieur. On se demande comment des hommes ont pu en arriver là."
À Breendonk, les lieux vides racontent encore la violence, la torture et la mort. Un silence pesant qui agit comme une leçon.
La Caserne Dossin : de la répression à l’extermination
L’après-midi, direction Malines et la Caserne Dossin. Ici, la réalité est différente, mais tout aussi glaçante.
Entre 1942 et 1944, plus de 25 000 Juifs et Tziganes de Belgique, ainsi que du nord de la France, y sont rassemblés. Contrairement à Breendonk, les personnes internées ici ne sont pas arrêtées pour des actes de résistance ou des opinions. Elles sont arrêtées pour ce qu’elles sont. La Caserne Dossin devient un camp de rassemblement et de transit. Lorsque le quota de 1 000 personnes est atteint, un train part vers la Pologne, en direction du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Un système administratif froid, méthodique, au service d’une politique d’extermination.
Former des citoyens critiques
Pour Sophie Champagne, professeure d’histoire au CEPES, ce voyage est essentiel : "On veut faire d’eux des futurs citoyens critiques et responsables. Le devoir de mémoire, on le fait depuis des années. Mais avec la montée des totalitarismes et des extrémismes aujourd’hui, c’est encore plus important."
Au-delà de la transmission des connaissances, l’objectif est clair : comprendre les racines de la haine raciale et religieuse, analyser les mécanismes qui mènent à la violence de masse, et donner aux élèves les outils pour décrypter le monde actuel.
Dans un contexte international marqué par les tensions, les guerres et la montée des discours radicaux, replonger dans l’Histoire devient un acte citoyen.
Plus qu’une simple sortie scolaire, cette journée constitue une véritable leçon de citoyenneté. Face aux murs de Breendonk et aux archives de la Caserne Dossin, les élèves du CEPES ne découvrent pas seulement un chapitre du passé. Ils sont confrontés à une réalité brutale, qui interroge leur présent et leur avenir. Parce que le devoir de mémoire ne consiste pas seulement à se souvenir. Il consiste aussi à rester vigilant.
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