TVCOM

La libéralisation du rail est-elle une bonne chose ?

× La consultation gratuite du site de TV Com est possible grâce à la publicité.
Ce serait sympa de désactiver votre AdBlocker pour ce site. Merci !
 11 avril 2019 16:16  |   Ottignies-Louvain-la-Neuve

Après le marché du fret et des trains internationaux, c'est celui du transport des passagers à l'échelle nationale qui sera bientôt libéralisé, sous l'impulsion de l'Europe. En d'autres mots, cela signifie que la SNCB pourrait perdre son monopole, chez nous. En Belgique, l'ouverture du marché à la concurrence a en effet été voté en décembre et il est attendu pour 2020, mais il existe une possibilité que cette mise en oeuvre soit repoussée à 2033. Un report auquel sont favorables trois chercheurs de l'UCLouvain. Une ingénieure, un économiste et un juriste viennent de publier une étude à ce sujet. Ils ont analysé les répercutions de la libéralisation du rail dans les pays qui l'ont déjà adoptée.

Le plus important ? Les subsides publics

D’ici l’an prochain, la SNCB pourrait se retrouver en concurrence avec d’autres acteurs. Et en 2023, ceux-ci pourront même postuler à l’obtention des subsides actuellement destinés au transporteur belge. Cette libéralisation rendra-t-elle le rail plus attractif au détriment de la voiture avec des effets positifs pour le climat ? Trois chercheurs de l’UCLouvain se sont penchés sur cette question en étudiant le cas d’autres pays où le rail est déjà libéralisé.

"On a étudié la situation de l'Allemagne, de la Suède et du Royaume-Uni, et la conclusion, c'est que la libéralisation n'a pas aucun impact significatif sur l'attractivité du rail. Ce qui ressort de l'enquête, c'est que, ce qui est le plus important, c'est l'augmentation des subsides publics. Si l'on prend le cas du Royaume-Uni, le rail est plus attractif, c'est vrai, mais cela est du au fait que les subsides publics du rail ont triplé en 20 ans. C'est une situation que l'on retrouve en Suède et en Allemagne", analyse François-Xavier Lievens, juriste à l'UCLouvain et co-auteur de l'étude avec l'économiste Olivier Malay et l'ingénieure Leila Van Keirsbilck.

Pour les trois chercheurs, l’accroissement de la part modale, c’est-à-dire du nombre de navetteurs, est, dans ces pays, due à l’augmentation des subsides et non à la libéralisation. Pour répondre au problème climatique, ils suggèrent d’accorder un financement plus important à Infrabel et à la SNCB en effectuant un shift en provenance du budget de l'état consacré aux voitures de société.

Quid des prix et des conditions de travail ?

Dans leur étude, les chercheurs se sont aussi intéressés à la question des prix. D’après les données, ceux-ci ne seraient pas amenés à baisser. Au Royaume-Uni, ils augmentent même de 1,3% chaque année depuis 20 ans. Et un phénomène de flexibilisation horaire, comme pour l’avion ou le TGV, peut faire son apparition. Autre point d’attention, l’impact pour les conditions de travail des cheminots dans les pays passés sous la loupe. "Ce qui s'est passé, ce que l'on a fait des coupes budgétaires dans le rail au niveau du service public, ce qui a impacté les conditions de travail. En Allemagne, on est passé de 60% de travailleurs satisfaits à 50% en quelques années. On peut penser que cela sera la même chose en Belgique", conclut François-Xavier Lievens.

Les règles européennes offrent encore la possibilité de repousser la mise en concurrence pour l’attribution des subsides à 2033. Un report pour lequel plaident les trois chercheurs de l’UCLouvain.

François Namur - Images : Philippe Michaux






Les cookies sont nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de notre site. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies.

J'accepte