Du 16 au 27 février, le secteur de l'aide alimentaire tire la sonnette d'alarme avec sa campagne #FrigoVide, en Wallonie et à Bruxelles. L'objectif est de dénoncer la hausse de la précarité alimentaire, mais aussi le manque de moyens pour y faire face.
600.000 personnes dépendent de l’aide alimentaire en Belgique. Et la tendance est à la hausse, avec une augmentation de plus de 30 % depuis la crise liée à la pandémie de Covid-19.
Pour faire face à cette situation, le secteur de l'aide alimentaire du Brabant wallon s'organise. Plusieurs actions sont menées dans toute la Province. C'est notamment le cas à Ottignies, où l'ASBL Soli-dons livre des colis alimentaires à l'association Saint-Vincent de Paul, tous les vendredis : "tous les matins du lundi au samedi, on récolte dans les magasins avec nos deux camionnettes, dont une frigorifique. On va rechercher les invendus dans les magasins et on prépare des colis alimentaires pour nos bénéficiaires. On ramène ensuite nos surplus à d'autres associations pour qu'elles puissent confectionner des colis alimentaires pour leurs propres bénéficiaires".
Plus de demandes, moins de dons
Manon Donckers, secrétaire de l'ASBL, nous confie cependant être inquiète face à la situation actuelle et future : "en 2025, on a récolté 163 tonnes. Cette année, on est à 146 tonnes". Cette baisse s'explique, en partie, par le fait que certains gérants de magasins préfèrent revendre leurs surplus, plutôt que d'en faire don à des associations.
Cette détérioration de la sécurité alimentaire se ressent dans tous les centres d'aide alimentaire. Laurent Carra, coordinateur du Réseau Alim'Entraide Brabant wallon regroupant une cinquantaine d'acteurs du secteur, explique que la pression est de plus en plus grande sur les épaules des associations : "le gros constat que font les différents membres du réseau, c'est la baisse des denrées collectées et une hausse de la demande. Cela crée vraiment des crispations chez les différentes organisations. D'où cette nécessité d'apprendre à travailler ensemble et non pas l'un contre l'autre".
Manque de moyens
À cela s'ajoute la diminution des subsides et autres financements. Le gouvernement fédéral ne finance plus l’achat de produits essentiels qu’à hauteur de 15 millions d’euros. Le montant était de 27 millions en 2025. Les subsides facultatifs des CPAS et de la Région wallonne pour l’aide alimentaire ont aussi été supprimés.
Laurent Carra en appelle donc à des mesures urgentes pour aider le secteur à faire face à la situation. Il insiste également sur l'importance de discussions pour trouver des solutions à long terme : "les organisations d'aide alimentaire sont vraiment en première ligne pour repenser aussi tout le modèle de l'alimentation. Il faut vraiment essayer de construire un modèle qui puisse être plus tenable à terme".
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