À l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées, Respect Seniors lance l'Âgismomètre. Un outil destiné à aider les aînés, leurs proches et les professionnels à repérer les situations d'âgisme.
Inspiré du violentomètre utilisé dans la lutte contre les violences conjugales, l'âgismomètre vise à aider les aînés, leurs proches et les professionnels à identifier des situations d’âgisme ou de maltraitance souvent banalisées.
Pour Monique, 74 ans, l'initiative tombe à point nommé. Accompagnée au quotidien par des intervenantes de la CSD, elle voit dans cet outil une manière de mieux faire comprendre certaines réalités vécues par les personnes âgées.
"Quand on demande quelque chose à la famille, beaucoup de fois, on n'a pas le temps. Tout ça, ça nous fait mal au cœur", confie-t-elle. "Quand on attrape de l'âge, on dit toujours : les vieux sont dans le chemin."
Ouvrir le dialogue
Concrètement, l'Âgismomètre prend la forme d'une réglette colorée qui permet d'évaluer différentes situations du quotidien. De l'infantilisation aux décisions prises à la place de la personne âgée, l'outil aide à repérer des comportements qui peuvent porter atteinte à l'autonomie ou à la dignité des aînés.
Pour les professionnels de terrain, il constitue également un support de discussion.
"Ça peut ouvrir un dialogue qui ne viendrait pas tout seul", explique Gaëlle Durieux, garde-répit à la CSD. "Cela permet de parler de situations que l'on ne verrait peut-être pas de la même manière sans cet outil."
Même constat pour Paulinne Hallaert, ergothérapeute et coordinatrice. Dans son travail quotidien, elle est régulièrement confrontée à des situations où les personnes âgées ne sont plus pleinement associées aux décisions qui les concernent.
"Des personnes qui ne peuvent plus prendre de décisions. Des enfants très présents qui décident à leur place. C'est quelque chose que l'on rencontre régulièrement", souligne-t-elle.
Une réalité encore trop méconnue
Selon les chiffres d'Unia, une personne de plus de 70 ans sur deux a été victime d'une discrimination liée à son âge au cours des douze derniers mois. Pourtant, le terme même d'âgisme reste encore peu connu du grand public.
L'objectif de l'Âgismomètre est donc aussi de sensibiliser et de rappeler que les personnes âgées conservent les mêmes droits que tout un chacun.
"Votre voix est importante. Vous êtes une personne. On doit vous écouter", insiste Paulinne Hallaert.
Distribué gratuitement à travers la Belgique francophone, l'outil se veut avant tout un moyen de faire émerger la parole et d'encourager le dialogue autour de situations parfois vécues comme normales alors qu'elles ne le sont pas.
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