Le bio reste bien ancré en Wallonie, mais le secteur traverse une période contrastée. Si la consommation repart à la hausse, la production, elle, recule légèrement. Alors, le bio a-t-il toujours la cote ?
Les derniers chiffres confirment une tendance contrastée : si la consommation repart à la hausse, la production, elle, marque légèrement le pas. Selon les données récentes, la consommation de produits bio continue de progresser. Elle a augmenté de 3% en Wallonie et même de 4,5% à l’échelle belge. Un signal positif pour le secteur, qui dépend directement de la demande des consommateurs. « S’il y a de nouveaux acheteurs, cela peut encourager des producteurs à se convertir », souligne-t-on dans le secteur.
Du côté de la production, la dynamique est différente. Après plusieurs années difficiles, la Wallonie enregistre une légère baisse du nombre de producteurs bio. En trois ans, 114 exploitations ont disparu, même si le secteur reste solide avec encore 1910 producteurs actifs. En cause : une période post-Covid marquée par une baisse de la consommation, combinée à la crise énergétique et à une pression accrue sur le pouvoir d’achat. Résultat : des prix parfois moins avantageux pour les producteurs bio, notamment lorsque le lait conventionnel s’est retrouvé plus rémunérateur que le lait bio.
Malgré ce recul, la Wallonie reste un acteur majeur du bio en Europe. Près de 12% des surfaces agricoles y sont cultivées en bio, un chiffre supérieur à celui observé en Allemagne, aux Pays-Bas ou encore au Luxembourg. La Flandre affiche, elle, des taux nettement plus faibles.
Et en Brabant wallon ?
Le paysage du bio varie aussi fortement selon les provinces. Les provinces de Luxembourg et de Liège restent historiquement dominées par l’élevage bio, notamment laitier et bovin. À l’inverse, le Brabant wallon se distingue par une production plus axée sur les fruits et légumes, avec environ 150 producteurs et 3500 hectares cultivés en bio. Certaines provinces, comme le Brabant wallon et Liège, affichent même une progression de leurs surfaces bio, contrairement à d’autres régions en recul. À Namur, la production se concentre davantage sur les œufs, avec de nombreux élevages de poules pondeuses.
Face à ces évolutions, les autorités wallonnes entendent renforcer leur soutien au secteur. La ministre de l’Agriculture met en avant plusieurs leviers : des aides à la conversion renforcées via la Politique agricole commune, un plan bio régional et la création prochaine d’une structure rassemblant les acteurs clés du secteur. Objectif : mieux coordonner la promotion, structurer les filières et accompagner les producteurs.
Malgré les difficultés récentes, le bio conserve donc une place centrale dans l’agriculture wallonne. Et la reprise de la consommation pourrait bien relancer la dynamique du côté des producteurs.
Sur le même sujet
Recommandations
Exposition "Vignerons, Passeurs de sens" à l'abbaye Villers-la-Ville
Réforme des provinces : le Brabant wallon dit non en l’état
Transport et logistique : un Jobday pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre
Jodoigne : Un concours de robots pour jeunes codeurs
Brabant wallon : un partenariat pour sauver aussi les animaux en situation d’urgence
Vers le retour d'une taxe communale sur la force motrice dans les entreprises ?
29 jeunes talents sportifs du Brabant wallon récompensés par la Province