Une proclamation avant l’heure… et volontairement absurde. Au Collège Saint-Étienne à Court-Saint-Étienne, les enseignants ont remis de faux diplômes aux élèves de rhéto pour dénoncer les réformes en cours dans l’enseignement.
Ce vendredi, le Collège Saint-Étienne à Court-Saint-Étienne a organisé une action pour le moins inhabituelle : une fausse remise de diplômes pour les élèves de rhéto. Derrière cette mise en scène volontairement absurde, les enseignants entendent alerter sur les réformes en cours dans l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Dans la cour de l’établissement, les élèves de sixième secondaire ont reçu des « diplômes » avant même d’avoir passé leurs examens. Des documents volontairement erronés, parfois caricaturaux. « Il est magnifique, avec mon nom écorché, mon prénom écorché… », ironise Elisa, élève de rétho au Collège Saint-Etienne. Certains certificats sortaient même… d’une poubelle.
Une mise en scène assumée par les enseignants. « L’idée, c’est de montrer l’absurdité de certaines décisions politiques », explique l’un d’eux. « On envoie des circulaires aux écoles alors que les lois ne sont pas encore votées. Pour nous, c’est complètement carnavalesque. » En inversant l’ordre habituel – proclamer avant d’évaluer – les professeurs veulent dénoncer un système qu’ils jugent incohérent. « Puisque l’ordre des choses est bouleversé, nous avons décidé de faire pareil », poursuit l’enseignant.
Au-delà de l’humour, le message se veut sérieux
L’objectif est aussi de sensibiliser les élèves et le grand public à ce que certains qualifient de « déni de démocratie ». « On a voulu interpeller nos jeunes et leur montrer le triste spectacle que nous offre aujourd’hui la Fédération Wallonie-Bruxelles », explique un membre de l’équipe éducative. Les enseignants pointent notamment les conséquences concrètes des réformes, souvent justifiées par des impératifs budgétaires. « On parle toujours de budget, mais dans une école, on travaille avec de l’humain », insiste un professeur. « Réduire une équipe de 12 à 7 enseignants dans une discipline, ce sont les élèves qui vont en subir les conséquences : moins d’encadrement, moins d’activités, moins de projets. »
L’action se veut aussi un rappel du rôle des enseignants, au-delà des heures de cours
« Ce que vous avez vu aujourd’hui, c’est du temps en plus. Ce n’est pas compris dans nos heures face classe. Un enseignant engagé travaille bien plus que 40 heures par semaine », souligne-t-il.
Malgré le ton décalé de l’événement, le message est clair : les enseignants entendent poursuivre la mobilisation pour se faire entendre, alors que les discussions autour du décret programme se poursuivent.
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