Les huissiers d'audience (ou huissiers-audienciers) ont fait grève ce mercredi matin au Tribunal de première instance du Brabant wallon. Leur demande principale : obtenir le statut de flexi-job. Un régime fiscal bien plus avantageux. Explications.
Ce sont les premiers visages sur lesquels tombent les justiciables lorsqu'ils se rendent à une audience. Les petites mains qui se chargent de la préparation des dossiers, de l'accueil, de prendre les présences, etc. La "goutte d'huile qui permet aux rouages de la justice de fonctionner de manière plus fluide".
Souvent, il s'agit de pensionnés, comme Éric Binon, huissier-audiencier depuis six ans, qui souhaitent maintenir une activité professionnelle. Mais leur statut est un peu particulier. Ils sont considérés comme des employés, mais ne peuvent prester que quelques heures par jour. Trois heures, à Nivelles. Le reste est considéré comme du bénévolat.
S'ils ne font pas forcément cela pour l'argent, le calcul du salaire final est tout de même en leur défaveur. Ils estiment être trop taxés : "on arrive à une prestation de 12,42 € brut de l'heure". À cela, il faut ensuite retirer l'ONSS et les différents impôts prélevés. Ils ne touchent au final que quelques euros, soit 6 à 7 € par heure.
Un statut de flexijobiste
Le Tribunal de première instance du Brabant wallon tournait donc au ralenti ce mercredi matin. Plusieurs huissiers d'audience se sont mis en grève, des petites affiches collées dans le dos. Ils demandent de pouvoir travailler sous le statut de flexi-job, un régime fiscal qui leur permettrait de ne pas être imposés pour leur activité.
Éric Binon nous explique qu'ils voudraient également bénéficier des "petits avantages qui sont attribués aux employés du SPF Justice", comme le remboursement des frais de déplacement ou les chèques-repas.
Du personnel bien utile à la justice
Les quelques avocats et justiciables rencontrés sont unanimes, les huissiers-audienciers sont indispensables pour rendre la justice plus humaine et pour que les audiences se déroulent au mieux.
Anelyse De Potter est greffier en chef au sein du Tribunal de première instance du Brabant wallon à Nivelles. Selon elle, ce statut rendrait le métier plus attractif : "cela complique notre quotidien de chef de corps. Actuellement, je suis dans une procédure de recrutement, je recrute un nouveau candidat huissier-audiencier. J'ai trouvé pas mal de profils très intéressants. Mais quand j'aborde la rémunération, ils prennent tous la poudre d'escampette".
Un avenir sans huissier d'audience ?
Certains se verraient bien faire quelques petites économies en supprimant simplement les huissiers d'audience au sein des cours et tribunaux. Et cela inquiète Bernard Boquet, huissier d'audience depuis 20 ans. Il ne voit pas l'avenir de la profession œil : "je crains que dans un certain nombre d'années, on soit supprimés parce qu'on ne comprend pas notre fonction réelle dans le mécanisme de la justice."
Cette action de grève menée mercredi matin avait pour objectif de montrer l'utilité de ces "gouttes d'huile" du système judiciaire. Et en tendant un petit peu l'oreille, il semblerait que leur action ait causé quelques retards dans les audiences du jour.
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