C’est une exposition qui ne laisse pas indifférent. Accueillie dans le cadre du Forum des Halles, La machine à broyer plonge les visiteurs au cœur du quotidien des prisons belges, et plus particulièrement de celle de Mons.
À travers dessins, témoignages et analyses, elle met en lumière un univers souvent invisible : celui des personnes incarcérées et du personnel pénitentiaire. Fruit d’un travail collaboratif entre étudiants et enseignants du département d’anthropologie de l’UCLouvain et l’artiste dessinateur Manu Scordia, l’exposition donne voix à ceux qui vivent ou travaillent entre les murs d’un établissement pénitentiaire. Ensemble, ils ont tenté de comprendre ce que signifie “vivre enfermé” — physiquement et psychologiquement — dans des conditions que beaucoup qualifient aujourd’hui d’inhumaines.
Une réalité qui dérange
Surpopulation, insalubrité, problèmes d’humidité ou de nuisibles, promiscuité extrême — les constats dressés par les auteurs du projet sont accablants. Dans certaines cellules de neuf mètres carrés, on retrouve jusqu’à trois détenus, parfois contraints de dormir sur des matelas à même le sol. Ces conditions de détention ont un impact direct sur la santé mentale des prisonniers, mais aussi sur celle du personnel. “L’incarcération telle qu’elle est conçue aujourd’hui ne sert à rien. Au contraire, elle détruit encore plus”, résume Pascale Jamoulle , expliquant le choix du titre La machine à broyer.
Sensibiliser les jeunes à repenser la justice
Présentée en plein cœur d’une ville universitaire, l’exposition s’adresse en priorité aux jeunes. Pour les organisateurs, le message est clair : il faut sensibiliser dès maintenant celles et ceux qui construiront le monde de demain. « Les étudiants ne comprennent pas ce système et c’est très bien, peut-être qu’ils inventeront un autre modèle, qu’ils penseront la sécurité autrement, sans passer par une institution qui déshumanise et fragilise encore davantage. »
Entre réflexion sociale et engagement artistique
La machine à broyer est bien plus qu’une exposition : c’est une réflexion collective sur la place et le sens de la prison dans notre société. À travers le regard croisé d’artistes, de chercheurs et de témoins de terrain, elle questionne notre rapport à la justice, à la punition et à la dignité humaine. L’exposition est visible au Forum des Halles de Louvain-la-Neuve jusqu'au 30 janvier 2026. Une occasion de découvrir un travail à la fois scientifique, artistique et profondément humain, qui invite chacun à se demander : comment réinventer un système qui ne broie plus, mais qui répare ?
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