Rescapé de la Shoah, Simon Gronowski a rencontré les rhétos de l'Institut de l'Enfant-Jésus à Nivelles. Devant ces adolescents ébahis, il a surtout délivré un message de résistance face à la haine, mettant en garde contre la montée de l'extrême droite.
Dénoncé, arrêté par la Gestapo avec sa mère et sa soeur, Simon Gronowski est détenu à la caserne Dossin de Malines en avril 1943. Il n'a pas encore 12 ans. Dans le train de nuit qui aurait du l'emmener à Auschwitz, sa mère le pousse dehors. Il trouve alors refuge dans une famille du Limbourg avant d'être caché par d'autres familles jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. Aujourd'hui, à 94 ans, Simon... ou plutôt l'enfant du 20e convoi comme le rappelle le titre du livre qu'il a écrit, a partagé une fois de plus son histoire. "Informer les jeunes, c'est ma mission", nous explique Simon Gronowski. "C'est un bonheur pour moi, de les informer, de les mettre en garde. Je veux surtout leur donner de l'espoir et leur dire que la vie est belle."
Face à Simon, ce jour-là, il y avait les rhétos de l'Institut de l'Enfant-Jésus de Nivelles. Ils n'avaient d'yeux que pour lui. Captivés, attentifs, ils ne disaient rien. Leur silence était respectueux. "J'estime avoir eu de la chance de voir et d'entendre un homme comme Simon. Sa manière d'aborder l'histoire qu'il a vécue est inspirante pour nous les jeunes", nous avoue Immanuel. "C'est une histoire exceptionnelle qu'on n'entendra qu'une seule fois. Je ne risque pas d'oublier cet homme", nous dit aussi Lola.
Pour Simon, ces rencontres avec la jeunesse restent essentielles. Davantage qu'un devoir de mémoire, il s'agit surtout de transmettre un message de paix. "Je ne suis pas venu ici pour leur apporter un message de chagrin mais bien d'espoir. J'ai foi en l'avenir et j'ai foi en l'Homme", avance encore Simon Gronowski.
Et visiblement, ce message, il a été bien reçu et compris par nos étudiants. "J'ai retenu que l'amour était plus important face à la haine", nous raconte Noah. "Le fait d'écouter ce genre d'histoire, de nous informer, tout cela devrait nous permettre d'avoir un autre regard", explique à son tour Emma.
Une rencontre pour mieux voyager
C'est Tom Doyen, l'un de ces rhétos, qui a eu l'idée d'inviter Simon Gronowki à l'institut. Et tout cela afin de mieux préparer leur voyage de fin d'année qui les emmènera à Berlin, Munich et Dachau. "Simon Gronowski a tout dit répondu à mon invitation", nous dit Tom. "C'est pour nous un excellent symbole pour mieux préparer notre voyage. le témoignage de Simon Gronowski est d'une grande valeur. C'est une belle personne."
Comme le raconte encore Simon, s'il a tenu le coup toutes ces années, c'est grâce à la musique, au jazz en particulier. Voilà pourquoi il a conclu son récit par des notes d'espoir. Les notes de la chanson "Imagine" de John Lennon, pour un monde où les peuples vivent en paix. Vous pouvez dire que c'est un rêveur mais il n'est pas le seul. Il sera rejoint par d'autres... et le monde vivra uni !
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