Le gouvernement Arizona veut qu'on abandonne les combustibles fossiles pour se chauffer et propose des primes pour l'installation de pompes à chaleur électriques. Oui mais voilà, toutes nos maisons ne peuvent accueillir ce type de chauffage.
À Lasne, Françoise et Jean-Paul habitent leur fermette depuis 1983. La plus ancienne partie du bâtiment date de 1870. Rénover les lieux a été le travail de toute une vie pour Jean-Paul. Et concernant le changement de sa chaudière au mazout, il a étudié toutes les possibilités. "On n'a pas le gaz ici. Si nous avions eu un raccordement au gaz naturel, bien entendu que nous l'aurions pris. Mais à Lasne, peu de rues sont raccordées au gaz naturel", nous explique Jean-Paul. "Nous aurions pu installer une pompe à chaleur mais notre maison n'est pas suffisamment isolée. Il reste quoi ? Le pellet ? Pour ça, il faut avoir de la place pour entreposer les pellets et notre cave est trop petite."
Bien affairés dans la cave de notre couple justement, nous retrouvons Michaël Robin, chauffagiste depuis 10 ans, et Victor son ouvrier. Ce sont eux qui ont conseillé Françoise et Jean-Paul. Pour ces professionnels, il n'y a pas un système meilleur qu'un autre. Plusieurs critères sont à prendre en compte pour l'agencement d'une nouvelle chaudière. "Il y a d'abord le type d'habitation", nous dit Michaël. "Il y a aussi ses performances... et surtout, le budget du client."
Notre couple a donc choisi de changer une vieille chaudière à mazout par... une nouvelle chaudière à mazout. Un choix assumé. "Effectivement, nous avons examiné toutes les possibilités. Et les possibilités les plus écologiques, elles ont un coût", précise encore Jean-Paul. "Voilà pourquoi nous avons repris une chaudière au mazout. Sachant que ces chaudières modernes sont moins polluantes qu'il y a quelques années."
Une politique de transition jugée trop rapide
À la base de cette histoire, vous avez les nouvelles orientations énergétiques de la coalition Arizona (N-VA, MR, Les Engagés, Vooruit, CD&V) pour 2025-2029. Une politique qui marque une volonté de concilier décarbonation et sécurité énergétique. Parmi les piliers étayant cette stratégie de transition, vous avez entre autres des primes à l'électrification. La coalition utilise le levier de la TVA pour orienter les comportements vers la décarbonation. Si vous optez pour des pompes à chaleur, vous avez le maintien d'un taux de TVA réduit à 6 % pour les cinq prochaines années. Et tout cela afin de stimuler le remplacement des chauffages polluants. Concernant la désincitation aux fossiles, la TVA sur l'installation de chaudières à combustibles fossiles (gaz, mazout) et sur le charbon a été relevée à 21 %.
Pour Michaël, la volonté du gouvernement d'abandonner les énergies fossiles pour se chauffer est notable. Proposer des primes pour l'installation des pompes à chaleur électriques voire un système hybride est intéressant. Mais... Est-ce réellement adapté à tous les cas de figure ? La question est posée. Et la réponse de notre chauffagiste ne se fait pas attendre : "On voit que les autorités ont pris une direction assez précise concernant la décarbonation. Pour moi, je trouve cette transition trop rapide. La preuve, nous sommes ici dans un bâtiment de 1870. Il n'est pas adapté. Une pompe à chaleur n'a pas de sens ici. Ou alors, vous devez effectuer d'énormes travaux de rénovation. Pour moi encore, cette transition doit être plus longue dans le temps."
En attendant, Françoise et Jean-Paul n'ont plus à craindre le froid. Il n'aura fallu qu'une journée pour tout installer et profiter chaleureusement de leur foyer !
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