À Marille, dans l’entité d’Orp-Jauche, les enseignants ont décidé de changer de méthode : plutôt que de punir, ils privilégient le dialogue et la responsabilisation des élèves. Une nouvelle approche inspirée des Chevaliers Toltèques
Le harcèlement scolaire peut survenir partout, même dans une petite école de village. À Marille, dans l’entité d’Orp-Jauche, la direction et les enseignants ont décidé d’en finir avec les vieux réflexes : désormais, place à la discussion plutôt qu’à la punition. « On essaye de faire prendre conscience aux enfants de leurs comportements, explique la directrice. Souvent, ils agissent sans se rendre compte qu’ils blessent quelqu’un. Ici, on les interroge, on les responsabilise, et c’est toute la dynamique de la classe qui change. » Cette méthode, testée avec succès à l’école communale de Marille, repose sur un travail en bienveillance et sur la prise de conscience collective. Les adultes guident les élèves à travers des échanges et des activités qui favorisent la compréhension des émotions et du respect mutuel.
Derrière cette évolution, on retrouve l’ASBL Les Chevaliers Toltèques, un projet éducatif qui vise à renforcer le bien-être à l’école. Inspirée à la fois des « accords toltèques » et de la méthode de la préoccupation partagée, cette démarche invite les enfants impliqués dans une situation de harcèlement à devenir eux-mêmes acteurs du mieux-être du groupe. « L’objectif n’est pas de désigner un coupable, mais d’amener chacun à s’interroger sur son attitude et à agir pour le bien commun ».
Les six écoles communales d’Orp-Jauche bénéficient désormais de cette formation, tout comme les personnels de l’accueil extrascolaire. L’idée : que chaque adulte, de l’enseignant à l’éducateur, dispose des bons outils pour repérer et désamorcer les situations conflictuelles. Pour les élèves, l’approche passe aussi par des cartes avec des symboles concrets : un bouclier pour se protéger des insultes, une épée dont le tranchant blesse mais dont le revers apaise, une couronne pour éviter les suppositions, et un diamant qui rappelle à chacun de « faire de son mieux ».
Les résultats sont encourageants
« Quand la personne est venue, ça nous a aidés à mieux nous défendre et à savoir comment réagir », confie une élève. Mais pour que le modèle fonctionne durablement, tout le monde doit s’impliquer. « Enfants, enseignants et parents : chacun a son rôle à jouer, insiste la direction. Si les parents ne participent pas, ça ne marche pas. »
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