La crise du Covid, les inondations, la guerre en Ukraine et la crise énergétique qui en découle... autant de crises qui s'additionnent et pèsent lourd sur les finances des citoyens du Brabant wallon. Aux premières loges, les CPAS font face à un afflux croissant de persones en quête d'une aide quelconque. Les services d'aide sociale sont sous eau. Pour l'exemple, le CPAS aclot totalisait 280 bénéficiaires du revenu d'intégration sociale (RIS) en décembre 2020, ils sont aujourd'hui près de 400.
Menés par la présidente du CPAS de Nivelles, Colette Delmotte, les présidents des 27 CPAS de la province s'unissent pour tirer la sonnette d'alarme et alerter le Fédéral sur leur situation. "Les CPAS sont parfois considérés comme des insitutions de seconde zone mais nous avons toujours été là en première ligne, lors des différentes crises", clame Colette Delmotte. Nous avons assistés aux discussions entre plusieurs présidents et celles-ci sont édifiantes. Force est de constater que les multiples aides ponctuelles promises par le Fédéral, les aides pour les factures d'énergie par exemple, alourdissent considérablement la tâche des travailleurs sociaux. Ceux-ci font face à des citoyens parfois démunis face aux démarches administratives. Le résultat, c'est moins de temps consacré à chacun d'eux.
Un ensemble de mesures concrètes rédigées par les 27
Les présidents ne sortent pas du bois les mains vides. Une note comprenant une série de mesures concrètes a été rédigée. Parmi celles-ci, on notera la révision de la subsidiation du RIS. Aujourd'hui, les CPAS doivent en assumer 45% sur fonds propres. Ils demandent que l'État prenne 75% voire 100% à sa charge. Cette mesure à elle seule suffirait à redonner de l'air aux CPAS. "C'est le nœud du problème", précisent-ils de concert, au vu du nombre croissants d'allocataires.
Les solutions mentionnées par les CPAS sont d'ordre structurel, pas de refinancement avancé par ces derniers mais plutôt une redistribution des charges entre les différents niveaux de pouvoir. "Il y a besoin d'utiliser l'argent là où c'est nécessaire", commente la président du CPAS de Nivelles. À plusieurs reprises, certains subsides n'ont parfois pas été exploités, par manque de personnel au sein des institutions.
La situation particulière du Brabant wallon
Un appel lancé de la sorte par les présidents des CPAS d'une province où le niveau de vie moyen est aussi élevé qu'en Brabant wallon, cela peut étonner. Pourtant, la précarité est une réalité pour bon nombre de citoyens. Pour Benoit Magos, président du CPAS de Grez-Doiceau, on est même pauvres "deux fois" en BW : "Je dis ça parce qu'on est pauvres et qu'on doit le cacher. Cette différence entre quelques très riches et des gens qui deviennent de plus en plus pauvres se marque de plus en plus et c'est un phénomène qui devient visible depuis quelques mois maintenant". Une situation d'autant plus vraie en ce qui concerne les loyers dans la province, impayable pour bon nombre de ses jeunes habitants.
De nouveaux profils frappent à la porte des CPAS. Des indépendants fragilisés par la crise font leur apparition, des personnes manifestement en détresse psychologique face auxquelles les travailleurs sont totalement désarmés. Les CPAS espèrent que leur appel sera entendu par le Fédéral et leur permettra de se recentrer sur leur mission, plus essentielle que jamais, l'aide sociale.
Florentin Franche - Images : Philippe Michaux
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