Devant le monument aux morts, habitants, autorités civiles, militaires et élèves de l’école communale se sont réunis pour commémorer le 86e anniversaire de la Bataille de Baulers, un épisode marquant de la Seconde Guerre mondiale pour les nivellois.
Devant le monument aux morts, les drapeaux se sont inclinés pendant que résonnaient les hymnes et les noms des victimes. Une cérémonie empreinte d’émotion, organisée par la Ville de Nivelles, l’ASBL « Du Côté des Champs » et le Souvenir Français.
Des combats violents en mai 1940
Lorsque l’armée allemande envahit la Belgique au printemps 1940, plusieurs unités françaises sont envoyées dans la région de Nivelles pour tenter de ralentir l’avancée ennemie. À Baulers, les soldats du 43e régiment d’infanterie prennent position dans le village et autour de plusieurs fermes environnantes.
Des combats particulièrement violents éclatent près de la ferme Annelike. Bombardements, échanges de tirs et affrontements directs marquent alors le quotidien des habitants pris au piège du conflit.
"En mai 40, il y a eu des bombardements… les troupes françaises et belges se sont déployées ici", rappelle le bourgmestre de Nivelles, Bernard De Ro.
Aujourd’hui encore, certains lieux du village gardent les traces de cette période. La cérémonie passe d’ailleurs par plusieurs endroits symboliques : le monument aux morts, le cimetière de Baulers où reposent certains combattants et résistants, mais aussi les abords de la ferme Annelike.
Un devoir de mémoire tourné vers les jeunes
Au-delà de l’hommage militaire, les organisateurs veulent surtout transmettre cette histoire aux nouvelles générations. Les élèves de l’école communale de Baulers participent activement à la cérémonie à travers des chants, des lectures et des dépôts de fleurs.
"C’est vraiment important que ces jeunes se souviennent aussi de ce qui s’est passé ici", souligne le bourgmestre.
Cette implication des écoles donne une dimension particulière à la commémoration. Beaucoup d’enfants découvrent ainsi qu’un épisode de la Seconde Guerre mondiale s’est déroulé à quelques rues de chez eux.
“La paix commence par accepter l’autre”
Cette année, le discours du pasteur Gigandet, délégué général adjoint du Souvenir Français pour la Belgique, a particulièrement retenu l’attention. Dans un contexte international marqué par les guerres et les tensions géopolitiques, il a livré une réflexion très concrète sur la paix.
"La paix, c’est accepter de réduire son territoire pour que l’autre ait son territoire aussi", a-t-il déclaré.
Pour lui, le danger actuel réside notamment dans "l’émergence de dictatures" et dans une société "écrasée par les mauvaises nouvelles".
Le pasteur a également insisté sur l’importance de conserver une mémoire collective : "Un peuple qui n’a pas d’histoire, il n’a pas d’avenir."
La commémoration entretient aussi un lien particulier entre Baulers et certaines communes françaises. Des représentants venus du nord de la France font chaque année le déplacement pour rendre hommage aux soldats tombés ici en 1940. En retour, des délégations nivelloises participent également aux cérémonies organisées en France.
Un symbole fort, 86 ans après une bataille qui opposait autrefois Français et Allemands sur les terres de Baulers.
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