Au Bois de Lauzelle, les sentiers sont temporairement fermés pour protéger la migration des grenouilles et autres batraciens. Ces mesures permettent à ces amphibiens de se reproduire en toute sécurité, loin des promeneurs et des vélos.
Sur certains axes routiers, des dispositifs sont installés pour empêcher les batraciens de traverser. Une méthode qui fonctionne plutôt bien à certains endroits. Mais ailleurs, le choix peut-être différent. Au Bois de Lauzelle, ce sont directement des sentiers qui sont fermés au public afin de ne pas déranger les amphibiens. "C’est un dispositif qui existe depuis assez longtemps, explique Thibaut Thyrion. On allie plusieurs éléments : la migration des batraciens, la forte fréquentation du bois et le fait qu’ici, on a des zones très attractives pour ces amphibiens."
Éviter les piétinements
Au Bois de Lauzelle, la migration est centralisée sur certaines zones. En cumulant le nombre de promeneurs et le nombre de batraciens, les risques deviennent importants. "Si on réunit le nombre de gens plus le nombre de batraciens, on peut avoir des problèmes de piétinements, de vélos qui vont écraser certains individus. Donc on préfère fermer et protéger ces amphibiens." Une décision assumée, à une période cruciale pour cette faune fragile.
Un moment clé : la reproduction
En cette saison, c’est essentiellement la grenouille qui est concernée. Elle passe une grande partie de son temps dans les peuplements forestiers aux alentours. Avec la hausse des températures, elle redescend vers les points d’eau. "Maintenant, quand les températures sont plus importantes, elles vont redescendre. On peut avoir de grosses affluences de cette espèce qui vont justement se reproduire maintenant."
La reproduction nécessite du calme. "Quand les animaux se reproduisent, ils ont besoin de quiétude. Les batraciens sont nombreux au même endroit, on essaye de leur laisser un peu de temps juste pour eux, pour qu’ils puissent se reproduire dans les meilleures conditions."
Sensibilisation… et contraventions si nécessaire
Dans le bois, très fréquenté, des panneaux et des barrières expliquent la démarche et empêchent le passage dans certaines zones. Mais est-ce suffisant ? Lors du tournage, un promeneur a été surpris sur un sentier pourtant interdit. Son excuse : ne pas avoir envie de faire un détour. "Le dispositif est d’abord là pour prévenir les gens. Les panneaux et les barrières indiquent qu’on doit laisser la place à la faune sauvage. Mais si des individus franchissent quand même les dispositifs en place, on doit passer par un procès-verbal et une contravention."
Pour le garde-forestier, la compréhension devrait aller de soi. "Quand on rentre en forêt, on ne rentre pas chez nous, on rentre chez quelqu’un. Et ce quelqu’un, c’est la nature et la faune."
Une migration parfois visible en pleine journée
Bien que souvent nocturne, la migration peut aussi se dérouler en journée. Preuve lors du tournage : en début d’après-midi, plusieurs dizaines de grenouilles étaient observables. Sans ces mesures temporaires, toutes ne pourraient pas prétendre à une vie longue et prospère. Quelques semaines de fermeture pour offrir un répit indispensable à une faune aussi discrète qu’essentielle.
Sur le même sujet
Recommandations
Basket : Braine-le-Château bat de justesse le Rebond Ottignies dans le match au sommet en P1 Hommes
Ottignies : Le plan de rénovation énergétique de 50 maisons est en chantier
Week-end d’observation des oiseaux : la Wallonie sort ses jumelles pour le grand recensement Natagora
Pendant ses travaux de rénovation jusqu'en 2027, le SPOTT se réinvente
Tourinnes-la-Grosse crée le premier jardin-fôret nourricier public de Wallonie
Ottignies : William Lennox ouvre un hôpital de jour unique en son genre