Les bienfaits du fonio en ont déjà convaincu plus d’un. Exporter à l’étranger fait partie des projets des Béninois. La question est d’assurer la quantité de productions. Pour produire plus, il faut des terres. Pour avoir plus de terre consacrées au fonio, les Béninois doivent sacrifier la culture d’autres céréales. Une étape difficile à franchir sans l’aide de l’état.
Nous l’avons vu ces derniers jours, le fonio est une céréale très riche et excellente pour la santé : sans gluten, conseillée pour les diabétiques et les personnes en surpoids, qui favorise le bon fonctionnement du système digestif. Porté de plus en plus par la tendance healthy, le fonio s’installe petit à petit dans les assiettes des Occidentaux. Il est déjà présent sur les étalages de certains magasins bio et commerces équitables.
Mais pourrait-il s’exporter en abondance, au point de le retrouver dans les rayons de nos supermarchés ? Selon Serge Dohou, chargé de la Transformation et du Marketing du fonio à Louvain coopération, cette céréale est un bon candidat au commerce à grande échelle. Sa culture nécessite peu d’entretien et n’a pas beaucoup de contraintes. Si les agriculteurs trouvent leur intérêt, que les échanges commerciaux leur permettent de gagner de l’argent et de rentrer dans leurs frais en compensant l’énergie dépensée, le travail réalisé et les moyens financiers déployés, ils accepteront. La céréale n’est pas cultivée partout et la travailler est un processus long et pénible. Tout se fait encore manuellement.
Boukombé est dit capitale du fonio. La graine est fortement consommée dans les localités rurales, et commence à être prisée au niveau des grandes villes. Au Sud du Bénin, les agriculteurs et les transformatrices de fonio se développent pourtant de plus en plus. Une partie de la production est destinée aux marchés de proximité, une autre part vers les centres urbains. “Si la production de fonio devait s’étendre davantage, il faudrait sacrifier la culture et la production d’autres céréales pour récupérer les terres”, explique Serge Dohou. Une production plus grande nécessiterait également plus de main d’oeuvre et de machines pour accélérer le travail. Pour l’heure, répondre à une demande croissante et en masse peut être un problème.
La culture prime sur le commerce
Il y a une envie des Béninois d’exporter et faire profiter de leur travail au monde entier, mais la céréale s’inscrit dans une tradition qu’il n’est pas question d’impacter. Si la production de masse venait à détruire le caractère culturel de la céréale, les Béninois ne voudraient plus la commercialiser à grande échelle.
Le fonio, pas encore reconnu comme filière
Le fonio n’est pas reconnu comme filière étatique. Il ne reçoit aucun subsides ou aides à la production. Pour le maire de Boukombé, Richard Yaté Nambimé, il est essentiel que le pouvoir politique prenne en compte la culture du fonio pour imaginer une production de masse vers l’étranger. L’appui des partenaires et des ONG internationales permettent aux groupements de femmes de continuer à s’organiser et aux agriculteurs d’étendre les superficies de production.
Même si l’export n’est pas un problème en soi, la céréale évolue dans un esprit de communauté et de solidarité. Il est difficile de déterminer un prix généralisé. C’est le marché interne qui détermine pour l’instant ce dernier.
Laura Jadot et Cathline Delvaux - Images : Adrien Broze
Recommandations
200 développeurs recherchés : Odoo s’appuie sur le Forem pour recruter
Le crématorium de Court-Saint-Étienne s’agrandit pour mieux accueillir les familles
Entre isolement et désenchantement, retour sur le Covid dans les maisons de repos