À Baisy-Thy, le chant d’un coq nommé Roberto a déclenché un conflit inattendu entre voisins. L’affaire dépasse la simple nuisance sonore et relance le débat sur la place de la ruralité dans nos villages.
À Baisy-Thy, dans l’entité de Genappe, un coq baptisé Roberto est devenu malgré lui le centre d’une querelle de voisinage. Installé chez son propriétaire Pascal depuis la fin de l’été dernier, l’animal vivait paisiblement jusqu’à ce qu’un riverain s’agace de ses chants… y compris en pleine nuit. L’affaire débute à Noël, lorsqu’une lettre anonyme est déposée dans la boîte aux lettres du propriétaire. À l’intérieur, une recette de coq au vin, accompagnée d’un message invitant à faire cesser les nuisances sonores, quitte à supprimer l’animal. Une démarche qui surprend et inquiète.
Rapidement, les choses s’enveniment. La police est appelée à plusieurs reprises. « On m’a d’abord dit qu’il y avait plusieurs voisins qui se plaignaient », explique Pascal. Prêt à faire un geste, il envisage alors de se séparer de Roberto. Mais il découvre ensuite qu’une seule personne serait à l’origine des plaintes, multipliant les appels au 101, parfois chaque nuit. Face à la pression, la police demande au propriétaire de prendre des mesures : attacher le coq, le confiner, voire s’en séparer. Une solution compliquée à mettre en œuvre, selon Pascal. « C’est un petit coq anglais, il vole et dort dans les arbres. L’attraper chaque soir est quasiment impossible. » Résigné, le propriétaire décide alors de proposer Roberto à l’adoption via Facebook. Mais la réaction des habitants ne se fait pas attendre. De nombreux voisins prennent sa défense et dénoncent une situation jugée disproportionnée. Une pétition est même lancée. En moins de 24 heures, elle recueille déjà plus de 500 signatures et des centaines de messages de soutien. Pour beaucoup, le chant du coq fait partie intégrante de la vie à la campagne. « C’est un bruit de fond rassurant », témoigne un riverain. « Si on commence à faire partir les coqs, où s’arrête-t-on ? »
Au-delà du cas de Roberto, c’est la question de la cohabitation en milieu rural qui est posée. Entre tranquillité individuelle et respect des réalités de la campagne, l’équilibre est parfois difficile à trouver. Sur le plan légal, le propriétaire reste responsable des nuisances causées par son animal. En cas de procédure judiciaire, il appartiendra au juge de déterminer si des mesures doivent être imposées. En attendant, à Baisy-Thy, Roberto continue, pour l'instant, de chanter.
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