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Un internet 100% accessible aux malvoyants? On en est encore loin

 16 decembre 2020 15:55  |   Ottignies-Louvain-la-Neuve


Nous sommes de plus en plus nombreux à faire nos courses en ligne, que ce soit pour les fêtes ou pour les achats en ligne. Naviguer sur un site de e-commerce est chose aisée pour beaucoup d'entre nous mais pour certains porteurs de handicap, c'est un véritable calvaire. Qu'ils soient non-voyants, malentendants ou même dyslexiques, ceux qui rencontrent des difficultés à naviguer sur internet entrevoient aujourd'hui une issue.

Un web accessible à tous

L'asbl EQLA dispense des formations en développement web orientée sur l'accessibilité numérique. Bruno Defalque est l'un des 9 élèves qui suit cette formation, il est non-voyant depuis un accident survenu en 2012. Il a découvert il y a quelques années qu'il pouvait surfer sur le web avec l'aide d'un synthétiseur vocal qui décrit le contenu de son écran. Seulement, ce logiciel bute parfois sur certains éléments de l'écran, c'est l'un des très nombreux obstacles rencontrés lors d'une session internet.

D'après Serge Denis, expert et formateur en accessibilité web, seuls 5 à 10% des sites internet seraient véritablement adaptés à tous. Dans le secteur public, c'est même une obligation depuis le 23 septembre. Pour les autres, il s'agit souvent de sites qui ignorent qu'ils peuvent présenter des difficultés de navigation pour une certaine tranche de la population. Bruno apprend à détecter les failles sur les sites qui ne répondent pas aux critères d'accessibilité. Ce qui était son handicap devient sa force, voire même sa vocation.

Ce qui sert aux non-voyants est utile à tous

Rendre un site plus accessible, c'est en ôter les élements superflus, en améliorer la clarté, la lisibilité, correctement labelliser les éléments d'une page, placer des sous-titres dans les vidéos, etc. Des améliorations en apparence inutiles mais qui, en réalité, peuvent servir à tous. "Je suis dans le métro et je regarde une séquence non sous-titrée, je suis en situation de handicap. J'ai l'écran de mon smartphone qui est fêlé, je suis en situation de handicap", précise Serge Denis.

Plus qu'un simple développeur web, la formation d'EQLA, lancée il y a un an, permet de former des développeurs accomplis et attentifs à l'accessibilité des sites internet pour tous. Bruno entame sa seconde année de formation, il espère à terme en faire son métier.

Florentin Franche - Images : Philippe Michaux