C’est une journée spéciale aujourd’hui dans un des trois cimetières de la commune de Ittre. Un grand chantier d'exhumation a eu lieu. C’était aussi une journée de formation pour une quinzaine de fossoyeurs communaux.
Vaste opération d’exhumation ce jeudi dans le cimetière de Haut- Ittre. Plusieurs corps ou restes humains ont été retirés de tombes et de caveaux. Pourquoi ? Parce que ce cimetière était complètement saturé. « Il faut renouveler des emplacements, il faut en trouver. Et la Région wallonne ne veut plus qu'on ouvre de nouveaux cimetières. Et donc on exhume pour faire de la place pour les suivants. » Explique Jacques Wautier, l’échevin des travaux de Ittre.
Que fait on des dépouilles après de l'exhumation ? « Tous les restes de corps humains sont rassemblés dans un ossuaire. Donc tout le monde se retrouve finalement dans le même volume, dans le même espace et sur lequel il sera écrit les noms des défunts. »
Cette exhumation de grande envergure dans ce cimetière, c’était aussi, aujourd'hui, une journée de formation pour des fossoyeurs issus de différentes communes wallonnes. Depuis la fusion des communes jusqu'en 2010, très peu de exhumations étaient pratiquées dans les cimetières. Le savoir faire chez les fossoyeurs communaux pour cette pratique funéraire s'est progressivement perdu. « Au cours du temps en fait, les communes n’ont plus géré leur cimetière. Dans le même mouvement, on a pas remplacé les fossoyeurs historiques qui partaient à la retraite. Et donc on se retrouve à l'heure actuelle avec des ouvriers communaux envoyés dans le cimetière qui ne connaissent pas le métier. « Précise Xavier Deflorenne, le coordinateur de la Cellule de Gestion du Patrimoine Funéraire du SPW-IAS
Depuis 2013, la Région wallonne, en collaboration avec l'IFAPME et le centre des métiers du patrimoine d'Amay, dispense des formations pour garantir la sécurité et des pratiques adaptées aux réalités du terrain. Une exhumation, ce n'est pas un acte anodin. « A partir de là, un fossoyeur est obligé de connaître les gestes qui le mettent en sécurité, qui mettront aussi en sécurité la population. Imaginons qu'on laisse tomber des os dans un cimetière, qu'un gamin les retrouve après ça amène toute une série de désordres publics. Mais la première chose, c’est amener les fossoyeurs à se protéger eux mêmes et surtout à avoir la bonne connaissance de leur métier. » Précise Xavier Deflorenne, le coordinateur de la Cellule de Gestion du Patrimoine Funéraire du SPW-IAS
Lors des exhumations, les fossoyeurs tombent sur des cercueils en bois, voire en zinc, et sortent des corps qui, selon l'époque, sont dans des états très différents. « Il faut oublier l'idée que dans nos cimetières, les corps sont décomposés. Depuis 1965, les entrepreneurs de pompes funèbres ont emballé tous les corps dans des enveloppes en plastique, voire parfois des sacs poubelles. La décomposition s'est interrompue par manque d'oxygène et donc nous retrouvons, à l'heure actuelle, des corps dans des phases de décomposition interrompues, ce qui complexifie évidemment le métier du fossoyeur qui était habitué au XIXᵉ siècle, début XXᵉ siècle, à récupérer des petits os blancs. Là, on retrouve des corps complets. »
En Wallonie, les exhumations dans les cimetières sont réglementées par le décret funéraire de 2019. Elles nécessitent une autorisation du bourgmestre et sont interdites d’avril à novembre.
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