TREC : quatre lettres qui signifient techniques de randonnée équestre de compétition. Une discipline que Barbara Decarme, cavalière originaire de Waterloo, a découvert en 2021.
La cavalière belge s’apprête à vivre ses premiers championnats du monde de TREC du 2 au 5 septembre, à Barcelone, la cavalière de
Waterloo participera pour la première fois aux championnats du monde de TREC, dans la catégorie des vétérans. Une première mondiale qui vient récompenser plusieurs années de travail, de compétitions et d’entraînements. Et surtout une aventure peu commune dans une discipline encore relativement méconnue du grand
public.
Multiples facettes
Le TREC, pour « Techniques de Randonnée Équestre de Compétition », est une discipline née à la fin des années 80, à
l’initiative de cavaliers randonneurs désireux de perfectionner leurs chevaux et leurs propres compétences. L’objectif ? Être capable de
faire face à toutes les situations susceptibles de se présenter lors d’une randonnée. Et autant dire que la simple promenade dominicale à cheval est très loin du compte.Le couple cavalier-cheval doit notamment savoir s’orienter sur différents terrains, maîtriser ses allures quelles que soient les conditions, mais aussi franchir une multitude d’obstacles : gués, fossés, passerelles, escaliers, branches basses ou encore passages étroits.
L’orientation constitue l’une des grandes particularités du TREC. Dans le parcours d’orientation et de régularité, le cavalier ne découvre son itinéraire que vingt minutes avant le départ. Il doit alors le reporter avec précision sur une. carte vierge avant de s’élancer sur un parcours pouvant atteindre 45 kilomètres. Des contrôles, dont le nombre et l’emplacement sont inconnus, permettent ensuite de vérifier le respect d’une vitesse imposée. À cela s’ajoute le parcours en terrains variés, composé de nombreuses difficultés techniques, ainsi que la maîtrise des allures. Dans cette dernière épreuve, le cavalier doit notamment réaliser un galop le plus lent possible sur un couloir de seulement 1,5 mètre de large, avant d’effectuer le retour au pas, le plus rapidement possible, sans sortir du tracé ni changer d’allure.
Pour Barbara Decarme, l’histoire avec le TREC est pourtant relativement récente. Née en avril 1971, elle monte à cheval depuis son enfance, une passion transmise notamment par son grand-père, déjà adepte de randonnée équestre. Avant de découvrir le TREC, elle a pratiqué plusieurs disciplines, du dressage à l’obstacle en passant par le concours complet. C’est en 2021, lors d’une initiation
organisée par une amie, que la cavalière a véritablement le coup de foudre.
Keane, l'indispensable partenaire
En TREC, il n’y a pas de performance individuelle. Tout se joue à deux. Barbara et Keane forment un véritable couple sportif. Le cavalier doit gagner la confiance de son cheval et lui apprendre à faire preuve d’adresse, de franchise, de calme et d’endurance. Cette relation de
confiance est essentielle lorsqu’il faut franchir un gué, s’engager dans un passage étroit ou affronter un obstacle inhabituel. La préparation ne s’improvise donc pas. Pour arriver à Barcelone dans les meilleures conditions, Barbara et Keane ont multiplié les
entraînements, en Belgique mais aussi au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France. L’objectif est de confronter le couple à des terrains et des conditions aussi variés que possible. Une préparation de longue haleine, à laquelle s’ajoutent les soins nécessaires au cheval, notamment pour favoriser sa récupération musculaire, ainsi que les frais liés aux compétitions et aux
déplacements.
Un sport spectaculaire, mais difficile à suivre
Le TREC reste pourtant une discipline discrète dans le paysage médiatique de l'équitation. Même pour les supporters présents sur les compétitions, suivre précisément le déroulement d'une épreuve n'est pas toujours évident. Il faut dire que le spectacle se déroule parfois sur plusieurs dizaines de kilomètres, avec des cavaliers qui doivent gérer simultanément leur itinéraire, leur vitesse, le terrain et leur cheval. Une particularité qui fait aussi tout le charme de la discipline. Et derrière le caractère parfois spectaculaire des obstacles se cache une véritable exigence technique. La vitesse ne suffit pas. L'agilité, la précision, le calme et la communication entre le cavalier et son cheval sont au cœur de la performance.
Après des années à cheval, une découverte du TREC en 2021 et une progression aussi rapide, voilà Barbara Decarme désormais au départ d'un championnat du monde sous les couleurs de la Belgique. À Lathuy, entre deux entraînements, Barbara et Keane continuent donc de peaufiner les derniers détails. Le couple sait que le défi sera exigeant. Mais il sait aussi qu'il possède déjà l'essentiel : de l'expérience, de la confiance et une solide complicité. Direction Barcelone, pour écrire un nouveau chapitre d'une aventure qui
commencé presque par hasard… et qui pourrait bien mener Barbara Decarme parmi les meilleures mondiales de sa discipline.
Journaliste: Max Zimmermann
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