À l’UCLouvain, les nouveaux étudiants en kinésithérapie entament un nouveau cursus de cinq ans, contre quatre auparavant. Une réforme qui doit permettre de renforcer la pratique, les spécialisations et le rôle des kinés dans l'accès aux soins.
La rentrée marque un changement important pour les études de kinésithérapie. À partir de cette année, la formation passe de quatre à cinq ans en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette année supplémentaire ne consiste pas simplement à répartir le programme existant sur une année de plus. Elle doit permettre d’acquérir de nouvelles compétences et de mieux préparer les étudiants à l’évolution du métier.
La réforme rapproche également la Fédération Wallonie-Bruxelles de la Flandre et de plusieurs autres pays européens, où la formation des kinésithérapeutes se déroule déjà sur cinq ans.
Plus de pratique et de spécialisations
La cinquième année doit notamment permettre aux étudiants d’approfondir certains domaines de la kinésithérapie. Parmi les spécialisations envisagées figurent notamment la kinésithérapie sportive, respiratoire, neurologique, cardiovasculaire ou pédiatrique.
“Ajouter une cinquième année, ce n’est pas simplement allonger les études. C’est également amener de nouvelles compétences aux étudiants”, explique Marc Francaux, doyen de la faculté des sciences de la motricité à l’UCLouvain.
L’objectif est de permettre aux futurs professionnels de développer des compétences plus précises, alors que les patients se tournent de plus en plus vers des kinés spécialisés dans certaines pathologies.
Vers un accès direct à certains soins
La réforme fait également évoluer le rôle du kinésithérapeute dans le parcours de soins. Aujourd’hui, un patient doit consulter un médecin afin d’obtenir une prescription avant de commencer des séances de kinésithérapie.
À terme, les kinés pourront prendre directement en charge certaines pathologies, sans passer au préalable par un médecin. Cette possibilité, actuellement préparée au niveau fédéral, concerne un nombre limité de pathologies, comme une entorse de la cheville.
“C’est une avancée majeure. L’accès patient, c’est une reconnaissance du métier de kiné. À l’époque un kiné c’était juste celui qui faisait les papouilles et qui faisait les massages. L’accès patient, ça montre vraiment qu’on est des professionnels de santé”, témoigne Naim, étudiant en première année de kinésithérapie
La réforme ne concerne que les étudiants qui commencent leur cursus cette année. Ceux qui ont déjà entamé leurs études pourront terminer leur formation en suivant le programme de quatre ans. S’ils souhaitent ensuite se spécialiser ou accéder directement à certains soins, ils devront suivre des formations complémentaires.
Pour l’UCLouvain, ce nouveau cursus représente également un défi logistique. La Faculté des sciences de la motricité devra adapter ses infrastructures. Le nombre d'étudiants pourrait augmenter de 10 à 15 %, soit environ 250 étudiants supplémentaires chaque année.
Yanis Cleeremans
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