De retour des championnats d’Europe avec une qualification pour les prochains Mondiaux, l’équipe belge mixte de bridge voudrait mieux faire connaître sa discipline.
Quatre joueurs, deux équipes et cinquante-deux cartes. À première vue, le principe du bridge paraît simple. La discipline cache pourtant un jeu particulièrement riche, dans lequel la stratégie, la mémoire et la communication occupent une place essentielle.
Le bridge se joue à quatre, avec deux partenaires opposés à une autre paire. Chaque partie se déroule en deux temps. Les joueurs commencent par les enchères, une forme de dialogue codifié qui permet aux partenaires d’évaluer la force de leurs cartes et de déterminer un contrat. Vient ensuite le jeu de la carte, durant lequel ils doivent tenter de réaliser le nombre de levées annoncé.
"C’est comme une langue étrangère que l’on met au point avec son partenaire", explique Valérie Carcassonne. Si les règles de base peuvent être apprises rapidement, les possibilités sont presque infinies. Les systèmes d’enchères se précisent, les stratégies s’affinent et les joueurs peuvent continuer à progresser après de nombreuses années de pratique.
Une quatrième place européenne
Les membres de l’équipe belge mixte maîtrisent ces subtilités au plus haut niveau. Ils reviennent des championnats d’Europe organisés à Riga, en Lettonie, où ils ont décroché une quatrième place.
Un résultat qui leur permet également de se qualifier pour les prochains championnats du monde, organisés à la Barbade. Il s’agira déjà de la troisième participation mondiale de ce noyau, qui évolue ensemble depuis 2019.
Les compétitions demandent une importante capacité de concentration. Les journées peuvent commencer dès le matin et se prolonger jusqu’en début de soirée. "La moindre petite déconcentration, c’est la faute assurée", souligne Isabelle Dewasme.
Faire tomber les clichés
Au-delà de leur performance sportive, les joueurs belges souhaitent profiter de cette visibilité pour changer l’image du bridge. La discipline reste encore régulièrement considérée comme un loisir réservé aux personnes âgées.
Une vision que l’équipe entend combattre. Pour ses membres, le bridge possède au contraire de nombreux arguments pour séduire les jeunes : réflexion, calcul, mémoire, esprit d’équipe, mais aussi rencontres et convivialité.
À 28 ans, Clovis en est l’un des exemples. Initié très jeune par ses parents, eux-mêmes joueurs, il a rapidement accroché. "Il y a le côté mathématique, le calcul et la mémoire, mais aussi une dynamique très sociale, parce que l’on joue avec un partenaire et que l’on rencontre beaucoup de gens", explique-t-il.
Et contrairement aux idées reçues, il ne fait pas figure d’exception dans les compétitions internationales. Plusieurs grandes nations comptent déjà de nombreux joueurs plus jeunes parmi leurs représentants.
Avant de défendre les couleurs de la Belgique aux championnats du monde, les joueurs poursuivent donc un autre défi : dépoussiérer l’image du bridge et donner aux plus jeunes l’envie de s’installer autour de la table.
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