À l'Abbaye de Villers-la-Ville, les guides font revivre près de neuf siècles d'histoire aux visiteurs. Partez donc à la découverte d'un métier de transmission au cœur d'un site emblématique du Brabant wallon.
Raconter l'histoire d'un lieu sans donner un cours d'histoire. Captiver un groupe, répondre aux questions et adapter son discours à ceux qui l'écoutent : le métier de guide touristique demande bien plus que de connaître quelques dates par cœur. Pour notre série consacrée aux métiers de l'été, direction l'Abbaye de Villers-la-Ville.
Notre guide connaît particulièrement bien les lieux. Voilà plus de 20 ans qu'elle emmène des visiteurs à la découverte des ruines de l'ancienne abbaye cistercienne. Guide indépendante, Pascale travaille également dans d'autres sites, mais Villers-la-Ville occupe une place particulière. "C'est vraiment mon site de cœur. Quand j'étais gamine, je passais dans les ruines, je trouvais ça extraordinaire. On fait une prise de sang, il y a de l'ADN de Villers-la-Ville dans mes veines !", plaisante-t-elle.
Jamais deux fois la même visite
Connaître parfaitement son sujet ne signifie pourtant pas réciter le même discours jour après jour. Au contraire. "Je ne fais jamais deux fois la même visite", assure la guide.
Tout dépend de ceux qui se trouvent face à elle. Certains découvrent l'abbaye pour la première fois, d'autres connaissent déjà son histoire. Certains veulent des explications historiques précises, tandis que d'autres souhaitent simplement profiter d'une sortie et comprendre les grandes lignes du lieu.
"Mon idée, c'est de m'adapter à ce qu'eux veulent. Parfois, il y a des gens qui ne font qu'une excursion par an. Il ne faut pas faire un cours d'histoire, ce n'est peut-être pas ça du tout qui les intéresse. Il faut donner aux gens ce qu'ils sont venus chercher."
Un exercice qui demande aussi de savoir observer son public. Un regard qui décroche, un visiteur qui reste en retrait ou, au contraire, des questions qui commencent à fuser : autant de signes qui permettent au guide d'adapter sa visite en direct.
Donner envie de découvrir le patrimoine
Au fil de la visite, les pierres deviennent alors le point de départ de nombreuses histoires. Dans l'ancien moulin, par exemple, les visiteurs découvrent pourquoi il s'agit du premier bâtiment construit par les moines à leur arrivée et comment ses différentes roues servaient notamment à produire la farine et le malt nécessaire à la bière.
Les enfants constituent aussi un public particulier. Leurs questions peuvent emmener la visite dans des directions parfois inattendues : pourquoi les travaux ne sont-ils pas terminés ? Pourquoi conserver l'abbaye dans cet état ? Où étaient accueillis les pèlerins ?
C'est précisément cette interaction qui nourrit le métier après plus de vingt ans de visites.
"J'adore apprendre, j'adore expliquer et faire passer. Qu'ils disent à la fin : "Oh, c'était passionnant", ça veut dire que j'ai été dans ce qu'ils voulaient."
Et lorsqu'il faut retenir une chose de toutes ces années passées à guider des milliers de visiteurs, ce ne sont finalement ni les dates ni les chiffres qui viennent en premier. "Avoir su donner envie de partager ce patrimoine, c'est vraiment la chose que je garderai en moi!" conclut Pascal en souriant.
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