Les récentes vagues de chaleur ont asséché une majorité des cours d'eau en Brabant wallon et ailleurs. L'impact est important : il touche principalement la biodiversité des rivières.
Le Bas Eau est un petit cours d’eau situé à Lillois, dans l’entité de Braine-l’Alleud. Il alimente le Hain, un axe important du bassin de la Senne. Sa particularité ? Il est aujourd’hui totalement à sec, en raison des fortes sécheresses qui ont touché le pays et du manque d’eau dans les nappes phréatiques.
Pour comprendre cette situation, il faut savoir que les rivières sont alimentées de deux manières principales. Selon Augustin De Longueville, chargé de projet inondations au Contrat de Rivière Senne, il existe d’abord le modèle classique : le ruissellement des eaux de pluie. « Mais les rivières et les cours d’eau sont aussi largement alimentés par les nappes phréatiques », explique-t-il. « L’eau de pluie s’infiltre dans les sols et se stocke dans ces nappes. Lorsqu’il n’a pas plu depuis longtemps, celles-ci deviennent alors la principale source d’alimentation des cours d’eau. Si leur niveau baisse, cela témoigne du manque d'eau dans les nappes », poursuit-il.
Niveau d’eau réduit : l'eau devient stagnante
Le manque d’eau affecte directement la biodiversité. Les animaux vivant dans les rivières perdent leur habitat et rencontrent davantage de difficultés pour se reproduire ou se protéger des prédateurs. Lorsque le niveau de l’eau diminue et que le débit ralentit, l’eau peut également devenir stagnante. «Une eau qui se réchauffe contient moins d’oxygène. Les possibilités de survie pour la faune diminuent donc. De plus, une eau stagnante favorise la concentration des polluants », indique Simon Aucremanne, chargé de missions au Contrat de Rivière Senne.
Même lorsque les sols et les lits des rivières sont secs, le risque d’inondation peut paradoxalement augmenter. Les sols perdent une partie de leur capacité d’infiltration. « Lorsqu’une période de fortes chaleurs est suivie par des pluies importantes, l’eau ruisselle davantage vers les rivières, qui peuvent alors déborder », souligne Augustin De Longueville. À plus long terme, des aménagements locaux pourraient permettre de mieux respecter le cycle naturel de l’eau et de favoriser son infiltration dans les sols.
Loïs Dellisse
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