Huit mois après le début de l'assec du lac de Louvain-la-Neuve, le paysage a profondément changé. Cette transformation est le résultat d'un processus naturel destiné à restaurer la qualité écologique du plan d'eau.
Une régénération par la nature
Lancée à l'automne 2025, l'opération consiste à ouvrir les vannes du lac afin d'en mettre une partie à sec pendant près d'un an. L'objectif est de permettre à la vase de sécher et de se minéraliser, une étape essentielle pour améliorer durablement la qualité de l'eau. Pour Lilly Gillet, responsable biodiversité à l'UCLouvain, ce phénomène repose entièrement sur les mécanismes naturels. "La minéralisation transforme la vase en éléments minéraux qui peuvent ensuite être captés par les plantes", explique-t-elle. La végétation qui s'est développée ces derniers mois témoigne d'ailleurs de la richesse des nutriments accumulés dans le lac. L'objectif est avant tout d'épurer le lac. Les plantes absorbent une grande partie de l'azote et des autres éléments présents dans les sédiments. À l'automne, elles seront fauchées puis évacuées afin d'extraire ces nutriments du milieu et de rééquilibrer le fonctionnement du lac avant sa remise en eau.
Un premier bilan encourageant
Huit mois après le début de l'assec, le garde forestier Thibaut Thyrion dresse un premier bilan positif. Le principal point d'attention, au lancement de l'opération, concernait le développement de la végétation. "Comme on travaille sur un cycle naturel, il fallait d'abord que les graines présentes dans le sol puissent germer. Il y a toujours une part d'incertitude", souligne-t-il.
Finalement, la germination a bien eu lieu sur l'ensemble de la zone asséchée. Les plantes remplissent aujourd'hui pleinement leur rôle en absorbant les éléments libérés par la minéralisation de la vase. Pour le garde forestier, le processus se déroule donc conformément aux attentes.
Les prochaines étapes
La prochaine phase de l'assec interviendra à l'automne. La végétation sera fauchée puis évacuée afin d'extraire du lac les nutriments qu'elle a accumulés au fil des mois. Le remplissage du lac est toujours prévu à partir du mois de novembre. D'ici là, plusieurs travaux doivent encore être réalisés sur les berges afin de limiter la propagation de plantes invasives. Ce calendrier reste toutefois adaptable. "On peut éventuellement reporter de quelques semaines la fermeture des vannes si les travaux doivent être finalisés. En revanche, si les aménagements ne sont pas suffisamment avancés, il faudra reporter le projet plus longtemps", précise Thibaut Thyrion.
Un remplissage tributaire de la météo
Impossible, en revanche, de prévoir précisément quand le lac retrouvera son niveau habituel. Son remplissage dépend entièrement des précipitations, puisqu'il recueille les eaux de ruissellement de Louvain-la-Neuve. Seules des pluies suffisamment abondantes permettront au plan d'eau de retrouver progressivement son aspect initial.
Cette particularité rappelle également l'importance des gestes du quotidien. Tout ce qui est rejeté dans les avaloirs de la ville finit par rejoindre le lac, dont la qualité dépend aussi des comportements de chacun.
Sur le même sujet
Recommandations
Genappe: au Bois Balon, le soutien de la Ville fait grandir un projet citoyen
LLN : Gaia sensibilise aux races de chiens et chats hypertypés
Huit arbres centenaires abattus dans le quartier de la Baraque
Moment suspendu au Bois des Rêves : le Spott organise la 4e édition du Festival de l'Art dans la Nature
Louvain-la-Neuve : à la découverte des petites bêtes dans le ruisseau des Bois des Rêves
La plage de Renipont fermée jusqu'à ce que des analyses écartent la présence d'une bactérie dans l'eau
Le lac de Louvain-la-Neuve vidé pour assainir et booster sa biodiversité