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Entendus mais pas écoutés : un préavis de grève est lancé chez 3M à Nivelles

 26 octobre 2017 09:56  |   Nivelles

Les travailleurs nivellois de l'entreprise 3M sont en colère. En juin, la direction de ce groupe actif dans les outils à haute valeur ajoutée avait annoncé son intention de fermer le site Wendt Boart situé à Nivelles à la mi-2018 et de licencier 107 travailleurs. Depuis, la procédure Renault a été enclenchée. Mais cette fermeture passe très mal auprès des syndicats et des travailleurs qui la jugent "absurde". Ils reprochent aussi à la direction de mener une stratégie de pourrissement de la situation. Très tôt ce jeudi matin, une action a été menée en front commun. Syndicats et travailleurs se sont rendus au siège belge de 3M à Diegem. Leur exigence : rencontrer la direction.

Des bénéfices records et un site en bonne santé

Dès l'annonce de la fermeture, lancée en juin par la direction de 3M, les syndicats et les travailleurs avaient fait part de leur incompréhension. Pour eux, le site aclot Wendt Boart, racheté par 3M il y a 6 ans, était sain. Une bonne santé confirmée, d'après eux, par le bilan dressé par un réviseur d'entreprise quelques jours auparavant. Celui-ci aurait pointé un carnet de commandes bien rempli, l'absence de dettes et une bonne solvabilité de la structure nivelloise. "De plus, le groupe américain 3M fait partie des 30 entreprises les plus puissantes des Etats-Unis et a fait la Une des médias économiques cette semaine après avoir annoncé des bénéfices trimestriels de 1,5 milliard de dollars, soit plus qu'attendu !", s'étonne Lahoucine Ourhribel, secrétaire Principal ACV-CSC METEA. La fermeture est donc jugée "absurde" par les représentants syndicaux, d'autant que "des mails ont été envoyés au personnel de 3M pour le féliciter de ses efforts récents", précise encore Lahoucine Ourhribel.

Des solutions balayées

Depuis l'annonce de juin, syndicats et travailleurs estiment aussi que la direction belge du groupe mène une stratégie de pourrissement de la situation. Celle-ci est accusée d'avoir rejeté "d'un revers de la main" des alternatives économiques proposées par les syndicats, ainsi que 4 offres de reprise évoquées par d'autres entreprises. Et dernièrement, les syndicats estiment que la direction leur a présenté "des propositions indécentes en matière de plan social". Lahoucine Ourhribel : "107 personnes vont être mises à la porte avec comme perspective le chômage et des difficultés à retrouver un emploi au vu de la moyenne d'âge élevée (45 ans)".

Les organisations syndicales, réunies en front commun, ont donc décidé de passer à la vitesse supérieure et de forcer le dialogue en se rendant en nombre au siège belge de Diegem. Le maintien de l'emploi à Nivelles est leur première revendication, mais en cas de fermeture, ils demandent que 3M favorise une reprise du site aclot et propose un plan d'accompagnement sur plusieurs années.

"Entendus mais pas écoutés"

La direction nivelloise a réagi à ce mouvement en cours de matinée. Celle-ci "déplore les actions menées aujourd'hui par le personnel de Nivelles, après une série de négociations relatives à un plan social qui ont été entamées avec les représentants des travailleurs". Elle ajoute comprendre "les émotions suscitées par l'annonce de l'intention de 3M de mettre un terme à ses activités à Nivelles, tant pour les collaborateurs que pour leur famille", mais "tient à insister sur le fait que, dans le cadre de la procédure/loi Renault, elle a toujours mené les discussions avec les représentants du personnel dans un esprit d'ouverture et qu'elle continuera à le faire à l'avenir. Elle s'engage à limiter au maximum les conséquences au niveau social (...) et a présenté un plan substansiel et équilibré". D'après le communiqué, des mesures d'accompagnement en recherche d'emploi seront proposées à tous les travailleurs de 3M si l'usine devait fermer.

Des précisions qui ne semblent pas du goût du front commun syndical qui estime avoir été "entendu mais pas écouté" et qui a déposé un préavis de grève débutant aujourd'hui et s'étalant jusqu'au 6 novembre. Une rencontre est prévue le 7 novembre entre direction et organisations syndicales à Nivelles.

François Namur