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Écoles chargées du tracing : un protocole bancal et inadapté selon l'ADIBRA

 15 septembre 2021 14:16  


Voilà une quinzaine de jours que les élèves du secondaire franchissent à nouveau les portes des écoles. Depuis la rentrée, c'est aux directions qu'il revient de tracer les éventuels cas Covid au sein de leur établissement. Seulement, ce système présente des faiblesses et contraint certains directeurs à délaisser les autres aspects de leur fonction.

Le tracing au détriment de la pédagogie

L'ADIBRA, Association des Directeurs de l'Enseignement Secondaire Libre de Bruxelles et du Brabant wallon, tire la sonnette d'alarme. "Les Directions sont-elles compétentes, formées, habilitées, légitimées à traiter de questions paramédicales, soulevant de sérieuses questions éthiques ?", souligne l'association dans un communiqué.

Suivant le protocole de la Fédération Wallonie-Bruxelles, si un cas de Covid se déclare parmi les élèves, l'école est directement contactée par un call center. Il revient alors à l'établissement d'interroger l'élève par le biais de ses parents sur les contacts qu'il a eu dans les 48 heures qui précèdent le test. Sur base de cette petite "enquête", l'école doit alors dresser la liste des contacts à faible et haut risque. "Ça prend énormément de temps, il faut expliquer la raison de l'appel aux parents, qui posent des questions, et c'est parfois au risque de bâcler le tracing", témoigne Thomas Jadin, président de l'Adibra et directeur du Collège des Hayeffes à Mont-Saint-Guibert. "Par ailleurs, ce qui se passe en dehors de l'école ne nous regarde pas, c'est de l'ordre du privé."

Laisser le tracing à ceux qui sont compétents

Si la situation est globalement maîtrisée en Brabant wallon, ce n'est pas le cas à Bruxelles où certaines directions d'école consacrent tout leur temps au tracing. "Ce n'est pas comme ça qu'on va arriver à gérer l'épidémie", alerte le directeur. "Quid d'une nouvelle vague au sein des écoles?" L'ADIBRA transmet sa lettre auprès des autres directions de la FWB, espérant faire tache d'huile et alerter les autorités sur un protocole aussi risqué sur le plan sanitaire qu'inadapté pour l'enseignement. "La FWB devrait déléguer des personnes dans les PSE et les écoles pour prendre en charge le tracing", suggère Thomas Jadin.

Une évaluation du protocole sanitaire aura lieu au début du mois d'octobre. En attendant, les directions croisent les doigts pour que la situation épidémiologique reste stable.

Florentin Franche