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Des masques de plongée transformés en respirateurs

 27 mars 2020 13:38  


Qui aurait cru qu'un masque de plongée venant tout droit des rayons du Decathlon pourrait sauver des vies? C'est en tout cas l'objectif de l'équipe Respira Project, coordonnée par John Gabriel Martin, fils de John Martin, l'homme à la tête des Martin's Hotels.

Pour y parvenir, des spécialistes de l'impression 3D collaborent pour fabriquer la pièce qui permettra de relier la valve du masque à un repirateur. Les personnes qui gravitent autour du Respira Project tentent d'accorder leurs violons avec l'UCLouvain qui a tout récemment mis au point le respirateur artificiel "Breath4Life".

Prévenir d'une pénurie de respirateurs

À l'heure actuelle, le nombre de respirateurs disponibles en Belgique est encore largement suffisant, mais c'est pour éviter de se retrouver au pied du mur que l'équipe coordonnée par John Gabriel Martin travaille de toute urgence à la conception d'un prototype à même de connecter le produit détourné au nouveau respirateur de l'UCLouvain. "Ce serait déjà quelques jours de gagnés", indique le project manager.

Car c'est bien d'une course dont il s'agit, le premier prototype utilisé par Respira Project s'inspire d'un modèle venu d'Italie, pays qui dispose déjà d'un système valide de respiration artificielle avec les masques du géant français spécialisé dans les articles de sport. Jugé trop fragile par chez nous, un deuxième prototype a été développé, il sera présenté au cours des prochaines heures à l'équipe du Breath4Life.

La pièce à construire est petite mais le défi est grand.

Le véritable obstacle aujourd'hui rencontré par les développeurs de la valve? "Ça peut paraître ridicule, mais on a du mal à obtenir le diamètre précis des tubes des respirateurs professionnels et de Breath4Life", nous avoue John Gabriel Martin. Une information essentielle pour la bonne tenue de toute l'installation.

Si les essais du second prototype sont concluants, la production pourra démarrer, à raison "d'une vanne toutes les deux heures", soit douze par jour pour une seule imprimante 3D. De quoi en fabriquer plusieurs centaines à court terme pour répondre à une éventuelle urgence. John Gabriel Martin ajoute qu'un autre mode de production est à l'étude : un moule qui permettrait de fabriquer la valve en masse à l'aide d'une solution injectable, mais sa création nécessite un processus long de plusieurs semaines.

Si Decathlon n'a pas encore confirmé la distribution gratuite des masques en cas de besoin, John Gabriel Martin indique que leurs stocks sont suffisants, "certainements plusieurs milliers". On sait en outre que le groupe français a déjà tendu la main au projet italien, gageons qu'il en fasse de même sur notre territoire.

Quand il faut faire avec les moyens du bord

Respira Project n'est pas la seule alternative valable, deux autres projets sérieux sont actuellement menés en Belgique : "On a un petit groupe de makers sur Bruxelles et le groupe hospitalier flamand ZNA qui travaillent tous deux sur une valve".

Aussi fou que ça puisse paraître, l'équipe de John Martin travaille sur un autre produit aux allures de bricolage lui aussi : un bouclier de visage avec des feuilles plastifiées A4. "Ça pourrait être une solution pour le personnel médical en 2e et 3e lignes, les aide-soignants, les maisons de repos...", d'autant que ce système a un double avantage : il protège son porteur des projections de salive mais il lui évite aussi de se toucher le visage.

Des solutions tout à fait insolites dans un contexte qui l'est tout autant mais qui démontrent une fois de plus la capacité de l'humain à s'adapter à toute situation.

Florentin Franche










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