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14 mai 1940 : "Notre drame" de Nivelles

Musée communal de Nivelles
 16 avril 2019 12:19  |   Nivelles

Même les plus anciens d'entre nous ne l'ont pas connue dans sa version d'origine, la Collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles est sans conteste l'édifice religieux encore debout le plus impressionnant du Brabant wallon. Et pourtant, au fil des siècles, l'église romane a subi des dommages comparables à la nuit enflammée qu'a traversé Notre-Dame de Paris ce lundi.

Construite sur les ruines de la précédente église ravagée par les flammes, l'église romane est bénie en 1046 en présence de l'empereur Henri. Les décennies et les siècles qui vont suivre transformeront couche après couche l'édifice en la Collégiale que l'on connaît aujourd'hui à quelques exceptions près.

 

Un incendie en 1641, les flammes du 24 février 1804 et un brasier le 8 mars 1859 : la Collégiale n'a pas été épargnée par le feu en plus de 200 ans :

 

Un clocher de style gothique surplombe encore l'entrée principale de l'église à la fin du 19e siècle :

 

Mais l'événement qui a changé le visage du monument aclot, c'est le bombardement du 14 mai 1940. Ce jour-là, les bombes allemandes ont réduit le centre de Nivelles en un immense tas de gravats au milieu duquel figurait encore la Collégiale, affaiblie, mais pas abattue.


Le centre de Nivelles après le bombardement du 14 mai.
Musée communal de Nivelles ©


Les débris jonchent le sol de la nef.
Musée communal de Nivelles ©


La Collégiale a perdu sa flèche gothique sous les bombes.
Musée communal de Nivelles ©

 

Sous l'occupation, la Collégiale est partiellement rebâtie malgré les difficultés que l'on peut imaginer en temps de guerre, mais la restauration ne commencera véritablement qu'en 1948, un chantier qui s'étalera sur plus de 30 ans.


La Collégiale sans sa coiffe, en 1970.

La rénovation de la tour de la Collégiale donnera lieu à un referendum dont se souviennent sans doute les plus anciens Nivellois. Le 14 décembre 1974, les habitants de la cité aclote sont appelé à se prononcer sur l'avenir de l'édifice religieux. Trois options s'offrent à eux : ne pas couronner l'avant-corps de la Collégiale ; rétablir la flèche gothique telle qu'elle existait avant les bombardements de mai 1940 ; revenir au style roman propre à l'origine de la bâtisse.

C'est finalement cette dernière option qui sera majoritairement choisie par les Nivellois et donnera lieu à l'érection de la tour que l'on connaît aujourd'hui, une tour radicalement différente de celle qui pointait vers les cieux quelques décennies plus tôt.

 

Florentin Franche

 






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