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177 élèves en attente d'une école en Brabant wallon : du jamais vu

 20 avril 2021 15:47  |   Brabant wallon


Depuis 2010, c'est le même rituel chaque année en Fédération Wallonie-Bruxelles : les parents doivent indiquer leurs écoles de préférence pour inscrire leur enfant en première année secondaire. Pour les écoles les plus demandées, où la demande dépasse l'offre, un classement est effectué sur base de critères objectifs pour attribuer les places vacantes. À ce stade des inscriptions, les classements ont été dévoilés aux parents, les enfants qui n'ont été repris par aucune école se trouve sur liste d'attente. Jamais ils n'avaient été aussi nombreux depuis l'instauration du décret : 177 enfants en attente en Brabant wallon, c'est 40% de plus qu'en 2020.

Nivelles attire plus que Jodoigne

Ce phénomène, Bernard Hubien, secrétaire général de l'UFAPEC (Union Francophone des Associations de Parents de l’Enseignement Catholique) l'explique d'abord par la pression démographique qui pèse sur le Brabant wallon. On observe plus de formulaires d'inscriptions déposés qu'en 2020, alors que le nombre de places créées n'a pas augmenté de la même manière. Par ailleurs, certaines écoles ont un attrait plus important. Dans la Jeune Province, on constate particulièrement plus d'inscriptions dans les écoles nivelloises. Cela se ressent également à Wavre ou Ottignies. A contrario, les écoles de l'est sont elles délaissées. Résultat : ça se bouscule à Nivelles tandis que les écoles de Jodoigne ont encore des places disponibles. C'est justement vers ces écoles que les parents devront inscrire leurs enfants dans la prochaine phase des inscriptions. Bernard Hubien, aime à le rappeler : "Il n'y a pas de mauvaises écoles, il y a une école qui est adaptée à son enfant et il y en a d'autres qui le sont moins".

"Depuis le début de l'existence de ce décret, le Brabant wallon a toujours connu une certaine tension mais, au moment de la rentrée des classes, la plupart des enfants avaient trouvé une place dans les écoles", tient à rassurer Bernard Hubien. La situation reste moins tendue qu'à Bruxelles où près de 1.500 enfants n'ont pas encore d'école, soit une hausse de près de 30% par rapport à l'année précédente.

Comment trouver une place à son enfant?

Heureusement pour les enfants, des leviers existent pour débloquer des places si les inscriptions devaient arriver à saturation. Les écoles ont annoncé fin janvier leur capacité d'accueil par classe, ce chiffre pourrait être revu à la hausse par les établissement. Seconde option possible : la CIRI (Commission Inter Réseaux des Inscriptions) peut exiger de débloquer une place dans l'école de préférence d'un enfant. La CIRI peut également créer jusqu'à deux places par classe dans les écoles, en dernier recours. Enfin, au terme de l'année scolaire, les résultats obtenus au CEB peuvent changer la donne : certains enfants y échouent, ils peuvent donc se retrouver privés de la première année secondaire commune et doubler leur année ou poursuivre leur scolarité dans une première année différenciée. Ce qui revient à dire que des places se libèrent pour les élèves en attente ayant réussi leur CEB.

La crise sanitaire a également eu des répercussions sur la capacité des écoles secondaires. "Les modalités d'évaluation de l'année dernière ont fait que beaucoup d'élèves sont passés en 3e année du secondaire, par exemple, et n'ont pas été orienté vers d'autres écoles pour des options autres, techniques ou de qualification, ils sont donc restés dans leur école", indique Bernard Hubien. Même constat dans les filières annexes telles que l'apprentissage en alternance. Résultat : certaines écoles, anormalement surchargées, ont plus de difficultés à ouvrir des places en première année.

Prochaine étape des inscriptions le 26 avril, les parents d'élèves sur liste d'attente ou qui n'ont pas encore inscrit leur enfant pourront déposer un formulaire d'inscription auprès des écoles où des places sont encore disponibles.

Florentin Franche