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Faut-il interdire les tracteurs sur la N25 ?

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 06 octobre 2017 11:04  |   Villers-la-Ville - Ottignies-Louvain-la-Neuve - Nivelles - Genappe - Court-Saint-Etienne - Brabant wallon

Un accident mortel a eu lieu mercredi vers 17 heures sur la N25 à hauteur de Genappe. Un véhicule a percuté la remorque d’un tracteur. Le conducteur est décédé sur le coup. Cet accident relance la polémique : faut-il interdire les tracteurs de circuler sur une voie rapide où la vitesse est limitée à 120 km/h ? Pour l'institut Vias (ex-IBSR), la réponse est oui.

Une différence de plus de 80 km/h entre les véhicules : un danger permanent ?

Les tracteurs sont limités à 40 km/h. Actuellement, les agriculteurs procèdent à la récolte des pommes de terre, des betteraves et du maïs et leur remorque est souvent très chargée. De ce fait, ils circulent souvent moins vite, en particulier sur des routes avec de fortes pentes comme c'est le cas de la Nationale 25. Pour l’institut Vias, la différence de vitesse entre des voitures qui roulent à 120 km/h voire plus et des tracteurs qui peinent à avancer à 30 km/h ne permet pas de garantir une sécurité suffisante. "En matière de sécurité routière, il faut toujours garder une certaine homogénéité de vitesse et de véhicules", déclare Benoit Godart, porte parole de Vias.

Les solutions ? Interdiction de circuler pour les tracteurs et davantage de contrôles ?

Selon l’institut Vias, la solution consisterait à dévier les tracteurs vers d’autres itinéraires. "Les tracteurs roulent à 40 km/h maximum et le fait d'emprunter des routes limitées à 50 km/h ne leur ferait de toute façon pas perdre beaucoup de temps. Il faut toutefois leur garantir de pouvoir circuler sur des routes où il est possible de les accueillir (pas des ronds-points trop petits ou des quartiers résidentiels par exemple). A côté de cela, il est indispensable d'accentuer les contrôles de vitesse sur la N25. Non seulement, il s'agit d'une nationale à forte densité de trafic, qui comporte de nombreuses entrées et sorties ainsi que de dangereuses montées et descentes. Mais en plus, même sans la présence de tracteurs agricoles, les automobilistes peuvent être confrontés à des camions qui roulent nettement moins vite dans les parties les plus pentues de cette route. Bref, un strict respect de la limitation de vitesse y est absolument nécessaire."

Des accidents 4 fois plus graves que les accidents de voitures

Chaque année, on recense entre 180 et 200 accidents corporels impliquant un tracteur agricole, soit un tous les 2 jours environ. Si ces accidents ne sont pas nombreux, ils sont généralement très graves puisqu'on compte 60 tués par 1000 accidents (contre 17 tués par 1000 accidents de voiture). Dans un peu moins d'1 accident sur 3, l'accident est une collision où un autre usager emboutit l'arrière du tracteur. Ces accidents se concentrent essentiellement au cours du 2e semestre, au moment où les agriculteurs sont beaucoup plus actifs dans leurs champs.

Thibault van Raemdonck - Images : Patrick Lemmens